COQUETTERIE
Vous étiez si jolie, avec ce marcher lent,
Cette grâce alanguie, Dans ce peignoir azur, avec cet air dolent,
Vous étiez si jolie, Vous étiez si jolie, avec ces longs cheveux
Relevés à la hâte :
Sous Tor mat du filet, on voit briller aux yeux
L'or bruni de la natte ; Vous étiez si jolie en vous plaignant ainsi,
O chère enfant gâtée.
Que mon âme inquiète au milieu du souci
Où vous Taviez jetée, Ne pouvait s'empêcher, — oh ! l'étrange tourment !
Vous voyant si jolie, De se dire tout bas: Est-ce douleur, vraiment?
Est-ce coquetterie ?
LE GOURZY
O pente du Gourzy, mystérieux ombrages Qui déployez sur nous vos verdoyants couverts. Sentiers qui serpentez sous ces obscurs bocages, Rayons d'or qui glissez parmi les arbres verts ! Mousses qui tapissez ces rochers séculaires, Fraises des bois, œillets sauvages, églantiers. Et vous, antiques buis, et vous, jeunes fougères. Qui mêlez vos rameaux en ces sombres halliers, Pâturages fleuris pendant sur les abîmes.
Aux flancs des pics voisins nuages amassés, Qui, de vos flots mouvants cernant les hautes cimes, Tantôt les submergez, et tantôt, dispersés, Entr'ouvrez sous nos pas des horizons subUmes, Soyez témoins, parlez ! Et toi, brillant Gourzy, Dis si tu vois passer parmi ces cavalcades.
Qui gravissent gaiement tes fraîches promenades. Créature de Dieu plus belle que Nelly !