UN TOAST
A nos chers souvenirs de la Vallée d'Ossau,
Avez-vous dit, Madame, en levant votre verre.
Et mon rêve d'antan que je croyais naguère
Avoir couché défunt au marbre du tombeau
S'est redressé vivant, échappé du suaire,
A rappel de ta voix, de cette voix si chère !
Plus jeune que jamais, toujours frais, toujours beau.
Toujours sincère !
O parole charmante, inespéré plaisir.
Il est donc vrai, Nelly, cette heure enchanteresse. Dont je croyais tout seul garder le souvenir, Vous y pensez encor, parfois, ô charmeresse ! Et vous avez, pour comble, avec un doux souris. Ajouté, rappelant ces fleurs des hautes cimes, Que je cueillais pour vous au penchant des abîmes : « La fleur que je préfère à présent, c'est Tiris ! » O plateau d'Arnouillas, ô sentiers, ô cascades, Où j'égarais souvent nos chères promenades. Puisque vous ne pouvez m'offrir vos belles fleurs. Ah ! laissez-moi du moins y cueillir quelques rimes, De loin, en y mettant le parfum de vos cimes. Les iris sont coupés, au bord des blancs abîmes. Mais les vers imprévus, qui fleurissent du cœur Conservent sous la neige et parfum et couleur !
8i POÉSIES DIVERSES