LE CHOEUR DES ESPRITS DE LA MER
Gisèle, Gisèle, Gisèle !
Toi, la sœur des Esprits, qui te firent si belle ! Pourquoi nous accuser, en pleurant sur ton sort ? La mer, tu le sais bien, ne garde pas de mort.
GISÈLE
Quelle est donc la voix qui m'appelle !...
La mer s'éclaire ! Oui, dans ses profondeurs,
Je vois scintiller des lueurs, Dont le rayonnement emplit les eaux mouvantes.
On dirait Téventail d'argent
Que la main de quelque géant,
Au sein des vagues transparentes
Entr'ouvrirait en se jouant.
LE CHOEUR
Enfant, c'est la clarté divine Qui, dans le fond du gouffre amer.
Par dessous les flots illumine Le Palais des fils de la Mer ! La Mer ! c'est le plafond lumineux de nos fêtes.
Uî POÉSIES DIVERSES
GISÈLE
Quoi ! plus bas que les flots, qui brillent sur vos têtes,
Plus bas que TOcéan, vainement irrité,
Serait-il un séjour paisible, respecté.
Où viennent expirer les vents et les tempêtes ?
LE CHOEUR
Regarde enfant, ouvre les yeux, Et ce séjour délicieux Ne gardera pour toi rien de mystérieux.
La mer s entrouvre
GISÈLE
O mer, grottes d'azur, coupoles transparentes. Piliers de nacre, dont Témail Au fond des grands bois de corail Luit, tout fleuri de fleurs vivantes, Avez-vous reçu mon amî ' Dans vos silencieux asiles.
Où quelque nymphe aux bras agiles L*a déposé tout endormi ?
LE CH(*:UR
Reconnais-le. Sèche tes larmes.
GISÈLE
Pierre ! Pierre vivant ! C'est lui, plus de souci. Vous, Esprits de la Mer, bons ou mauvais, merci. Et toi, je te rejoins, mon Pierre, plus d'alarmes. Ouvre-moi tes bras : Me voici.
Gisèle sHanee, Le Mirage disparaît
LA NOVICE 44 3
Accourt l'ABBESSE, suivie du MOINE et des NONNES l'ABBESSE
Quel est ce cri ? C'est la voix de Gisèle.