HEL81H6F0R
Imprimerie de la Société de la Littérature Finnoise,
jisyi, ^o^>L. /2.
JNous avons tiré les morceaux suivants du ms. n:o 23929 Additional and Egerton, au Musée britannique, et nous les publions afin de donner un échantillon, d'après lequel on pourra juger le style des anciens romans en prose. Faute de reproductions entières, cette publication nous a paru de quelque mérite en ce qu'elle peut éclairer Torigine du roman moderne. Les éditions du XV:me siècle et des siècles suivants, jusqu'à celle de Tressan, ont rendu bien populaires les preux chevaliers du moyen âge, toujours en les rajeunissant, mais elles ne sont d'aucune valeur pour les recherches savantes. Les gros ouvrages des premiers prosateurs restent inédits, tandisqu'on receuille à l'envi le moindre fragment rimé, ce qui ne s'explique pas toujours par la valeur intrinsèque de ces fragments, mais par leur rareté et les difficultés qu'ils offrent à l'interprète. Convaincu de l'importance d'une reproduction entière, nous n'avons pas manqué à l'invitation qu'à cet égard M. Paulin Paris nous a bien voulu adresser, que parceque des circonstances nous ont forcé à discontinuer le travail.
Le ms. en question est un beau grand-4:o, que le Musée britannique vient d'acquérir de la collection de M. le vicomte de Kersolon. Certaines fautes de copiste nous font croire que la transcription, qui remonte tout au plus à la fin du XIV:me siècle, a été faite en Italie et par deux personnes diflférentes, puisque l'écriture change à partir du fol. 64 col. 3. Le second copiste n'a conduit le récit qu'à l'endroit oïl finit la publication présente. Là un propriétaire quelconque a ajouté en italien: Questo libre ua manci a unaltro che comm'cia Grant ioie font cil de leans de la roine isout et dient che voirement est tristan le mieudret chr de Comuaille.
Une comparaison attentive nous a convaincu que le ms. n:o 6768 (anc. 899) à la Bibliothèque impériale de Paris, bien que par récriture et par la langue antérieur au nôtre, appartient à un embranchement plus récent. D'abord l'auteur de la rédaction, dont le ms. n:o 6768 est une des plus belles copies, emploie des phrases verbeuses et enflées pour exprimer la pensée que le nôtre rend d'une manière sobre et expressive; (2:do) il ajoute des détails et des motifs là où la clarté du récit ne l'exige pas; (3:o) il invente des faits nouveaux qu'il croît intéressants; (4:o) ou bien il fabrique des épisodes en-