PIERRE-HOSPICE BEDARD
Pierre- Hospice Bédard
’ainé des enfants de Pierre Bédard était né
à Québec, le 21 mai 1797. Il fut baptisé à la paroisse de Notre-Dame par M. l’abbé J. -B. Bédard, vicaire, son oncle. Après avoir fréquenté l’école primaire, l’enfant entra bientôt au petit séminaire et il y termina ses études eu 1826, en même temps que le Dr Parant jet F.-N. Blanchet, qui, plus tard, devint archevêque d’Oregon-City.
Hospice Bédard se livra ensuite à l’étude du droit et, le 29 mai 1823, il recevait sa nomi-
nation officielle d’avocat. Tout aussitôt il courut à Montréal pour s’y faire une clientèle, et nous le voyons plaider en cour de justice jusqu’en 1827; puis son nom disparaît de la liste des membres du barreau.
Une saine tradition nous autorise à croire que Bédard alla se réfugier aux Etats-Unis, d’où il ne revint jamais dans son pays. Il y passa très certainement les dernières années de sa vie et y mourut 1.
Hospice Bédard est surtout connu par sa fameuse lettre à M. l’abbé Chaboillez, curé de Longueil, relative au gouvernement ecclésiastique de Montréal. Cette lettre fut publiée à Montréal, en 1823, sous forme d’une brochure de quarante pages. Elle est datée du premier jour d’octobre 1823. Bien que cette lettre porte la signature de P.-H. Bédard, il nous est impossible d’admettre qu’il en soit l’auteur.
1. Lorsque M. George-Manley Muir, autrefois greffier de l’Assemblée législative, se convertit au catholicisme, à Windsor, Ontario, ce fut Pierre-Hospice Bédard qui lui servit de parrain.
M. l’abbé Chaboillez, dans sa réplique, ne se gêne pas de le lui dire :
« Vous vous êtes couvert d’un ridicule qui ne s’oubliera pas de longtemps, en prêtant, dit-il, votre signature à la lettre que j’ai réfutée. Car tout le monde sait, à u’en pas douter, que vous n’en êtes pas l’auteur. Vos amis même, et les gens du parti que vous avez défendu, le disent hautement. Il est heureux pour vous que vous soyez encore jeune ; vous pourrez survivre à cette disgrâce. . . »
La vérité est que l’auteur de cette brochure, signée « P.-H. Bédard », fait preuve de tant de science, surtout en droit canonique, qu’il est presque incroyable qu’un avocat de vingtquatre ans, si bien doué soit-il, puisse atteindre à une si grande hauteur.
Quoi qu’il en soit, Bédard dut supporter les coups qui s’abattirent sur sa tête à cette occasion. M. Chaboillez connut d’habiles contradicteurs dans les rangs du clergé, mais les
prêtres ne signèrent point leurs écrits, afin, sans doute, de ménager les susceptibilités de leur éminent confrère.
Pour revenir à la réponse de Bédard, il importe de connaître ce qui donna lieu à ce travail aussi épineux. Des difficultés graves s’étaient élevées à propos de la situation équivoque dans laquelle se trouvait placé H®1 Lartigue, évêque de Telmesse, appelé depuis peu à l’épiscopat et placé à la tête du district de Montréal. Les marguilliers de la paroisse de Montréal étaient intervenus dans le règlement des honneurs qui pouvaient être accordés à l’évêque sufïragant, et il fut même question de décider, entre eux, si on le laisserait siéger sur le trône épiscopal. La presse s’étant emparée de cette question, les esprits prirent feu, même dans les rangs du clergé, et plusieurs prêtres, mus sans doute par d’excellents motifs, mais imparfaitement renseignés, reprochèrent à Mgr Plessis de ne pas avoir consulté son clergé avant d’en venir à une détermination aussi grave que le morcellement d’un diocèse.
M. l’abbé Chaboillez commença à jeter en pâture au public une brochure de quarante pages, intitulée : Questions sur le Gouvernement Ecclésiastique de Montréal , dans laquelle il pose cinq questions pour les résoudre à sa manière.
L’auteur s’objecte à croire : i° que le district de Montréal, tel qu’organisé, soit un district épiscopal ; 2° que Mgr Lartigue soit ou puisse être l’évêque diocésain de ce district ; 30 que Mgr Lartigue ait droit de se faire rendre, dans ce même district, les honneurs dus à un évêque diocésain ; 40 que les pouvoirs dont il est revêtu par ses bulles doivent subsister, même après la mort de Mgr Plessis ; 50 enfin, que les ecclésiastiques de la ville et du district de Montréal soient obligés de le regarder comme leur supérieur immédiat, et de s’imaginer faire partie d’un clergé qui se relève de son autorité.
Hospice Bédard étudie chacune de ces questions, et il s’efforce d’en faire ressortir les côtés faibles. Son travail est émaillé de textes et
de citations tirés d’auteurs dont il ne pouvait pas même connaître les noms, et il argumente comme un docteur de l’Eglise.
De son côté, Mgr Plessis, qui se trouvait sérieusement concerné en toute cette affaire, chargea M. l’abbé Painchaud, curé de Sainte- Anne de la Pocatière, et M. l’abbé Cadieux, curé des Trois-Rivières, de répondre à la brochure de M. l’abbé Chaboillez. Les deux curés acceptèrent la tâche qu’on leur imposait, et chacun envoya son mémoire à l’évêque, qui donna la préférence à celui de M. Cadieux. Entre temps, M. Chaboillez répondit à la brochure de Bédard, et il n’alla jamais plus loin.
ELZEAR BEDARD
ELZEAR BEDARD
JpiERRE Bédard avait eu quatre fils de sonmariage avec Jeanne-Louise-Luce-Françoise Frémiot de Chantal Eajus. Le plus remarquable des quatre fut, sans contredit, Elzéar, qui, après avoir été maire de Québec — le premier sur la liste — et avoir pris une part proéminente dans la politique de sa province, reçut sa nomination de juge, alors qu’il n’était âgé que de trente-sept ans.
Elzéar Bédard naquit à Québec, le 24 juillet 1799. M. l’abbé Antoine Bédard, prêtre du