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Pierre Bédard et son temps [microforme]

“ C'est la marque! de la grandeur, que l'éloigneinent la fait mieux » paraître : ainsi le temps en s'avançant, donne aux hommes leur véritable mesure. a Don 5 MS ESS “Nul n'a besoin, plus que les combattants de la vie publique, de : * Jong regard de l’histoire, parce qu'ils sont, plus que d'autre, exposés aux | fervaurs passionnées de leurs amis et de leurs advérsaires. Quand les | énéhousiasmes sont éteints et les colères tombées, quand les disputes sont * taries et.les disc@rdes oubliées, alors, seulement, se lève sur certains noms, pour les consacrer à jamais, l'aurore d'une calme et immuable justice. ‘Devant ce tribunal du temps, ni les applandissements, ni les succès, ni même l'illustration du passé, ne sont, pour la gloire, des témoins suflisants. Elle n'attache de durable couronne qu’au front de coux dont ur grandé idée a possédé les âmes. Ceux-là peuvent avoir été des vaincus : ils sont- les vainqueurs de la postérité.” | is Bellés paroles dues à la plume de l'infatigable apôtre des œuvres catho liques. de France, M. le comte de Mun. Je n’en ai pas trouvé de, plus vraies ni de mieux appropriées à celui dont je me propose d'exquisser Is. vie. Pierre Bédard est. une de nos belles figures du commencement de ce siècle. Il ne s'en trouve guère À cette époque de plus rayonnante. ‘Papineau, Bourdages, Taschéreau, Panet ont eu la gloire, les honneurs, et parfois de grandes’ déceptions, mais ils n’ont pas subi là persécution à. un degré auséi marqué. Bédard obtint aussi des succès et, sans les rechetcher, les applaudissements de sés compatriotes. Vaine gloriole bien audessous de son mérite | Bédard s’immola sur l'autel du patriotisme, sans “regarder ni aux siens, ni à son intérêt personnel. Enfermé entre les quatre : murs de sa prison, il y resta malgré tout le monde, fort de son droit d'être jugé par ses pairs. Il souffrit de cette réclusion injuste ; il faillit même en mourir. : ï :

Si la justice des hommes ne lui fut pas clémente, l'opinion publique, l'opinion honnête ne lui ménagen point son approbation, et le plus admiré, en cette occasion, ne fut pas celui qui lui avait ménagé cette épreuve

Pierre-Stanislas Bédard naquit le 13 novembre 1762, et non. 1? comme on l'a écrit si souvent, du mariage de Pierre-Stanislas Bédard et : $ à j { - Ÿ à -

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[&, Ù Ne SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA * je: L mon] , de Marie-Josephte Thibault, de Charlesbourg. Il fut baptisé, le. t4, par. È Le 26 juillet

l'abbé Morisseaux, curé de cette paroisse. Cette belle famille a eu pour

Luce-Françoise F chef, en.Canada, Isaac Bédard, de Paris, marié en 1645, à Marie Girard.

cin, et d'Angéli

Elle a fourni à l'Eglise une petite phalangé de prêtres et des religieuses : . Québec. Ce fut dent les annales. des ursulines et de l'hôpital général pourraient donner i (Beauce), et frère les nomset citer les œuvres avec un légitime orgueil, Parmi les plus © toine Panet; de J remarquables entre ces hommes de Dieu, citons, pour mémoire, Pierre: : lier‘et des paren Laurent Bédard, qui, per dant inquante-huit ans, dirigea la paroisse de : À figurer ici des ho Saint-François (rivière du Sud) ; Thomas-Laurent Bédard, supérieur du . blée législative, À

séminaire de Québec ; le sulpicien J ean:Charles Bédard ; Laurent-Thomas, : chapelain de l'hôpital général de 1819 à 1851. Il n'y a guère de tigurés oubliées parmi ces apôtres de Dieu, et toute famille canadienne, r'eût-elle : ... que des noms semblables à mettre en évidence, pourrait à bon droit se +: réclamer de la reconnaissancd publique. ! is , Pierre Bédard fit ses éthdes au petit séminaire de Québec. Entre tous il se distingua par son amour du travail, sa bonne conduite et aussi À par ses succès. Ses dernières années furent surtout brillantes. Bien qu'il: \ se fût adonné avec fruit aux études littérairés, il se livra plus spéciale. ‘ | mentaux sciences mathématiques, et l'élève devint bientôt maître de.son © À sujet, tant il déploya de zèle et d'ardeur. On le verra plus tard, dans sa ‘prison, consacrer presque tout son temps à débrouiller los problèmes les. plus ardus de cette sciéice aride! / . “ LÉ | Bibaud a écrit que Bédard avait une sorte de passion pour les mathé- :. : matiques. Le fuit est qu'il était très versé dans les chifires, sans leur a trouver toutefois d'autre application pratique que dans ses affaires per- sonnelles, car il ne les enseigna à personne ni À livra-t-il au commerce, 4 ii . qui aurait été sans doute un champ d'action tb at à fait conforme à ses dispositions naturelles. Aou Tr Fédard préféra se livrer à la profession d'avot it, et non seulement il : réussit, après le stage requis, à faire inscri#” s0 \\nom sur la liste des membres du barreau, mais il y acquit vite un rang onorable.' Quelques À quatre ans, dans années de pratique Jui suflirent pour obtenir la réputation incontestée de’ . + thumberland * a prèmier avocat de son temps® Or, à cette époqub\ tourmentée, il était ue Pierre Béda difficile, pour un Canadien-français, d'arriver à un rÀ g élevé et lucratif, 1812 après avai alors que tout le patronage reposait sur le bof vouloir d'une bureaucratie. de Québec et le égoïste et rageuse. Pour dominer les autres, il fallait, outre un talent

: \ : accepter d’être ] incontestable, une persévérance presque héroïque. Vire ! œ — : 1 M. Panet étai 1 Pierre était l'aîné de huit, dont sept garçons : Joseph, avotat ; Jean-Baptiste, La M. Planté, no curé de Saint-Denis-de-Richelieu ; Louis, curé de la Baie-dy-Febvre ; Charles, sulpi- Re l M. PRE cien ; Thomas, notaire à l'Assomption, et Flavien, mort à Saint-Der 8. Joseph mourut ne ‘M. ares ne à un âge avancé, le 28 novembre 1832" {1 était le doyen du barreau dé Montréal, Sa 1 5 Ce comté s ét veuve, fille de M. Hubert Lacroix, lui survécut. Il laissa deux filles dont l'une avait 4 pare ” desce: épousé M. J.-W. Marett, et l’autre M. Philippe Bruneau, marchand We Québec. 2 À Surrey a ? Bédard reçut sa commission d'avocat, le 6 novembre 1706. . to : la limite ouest

* Voir, en appendice, son discoërs pour la défense d'un sauvage accu é de meurtre. ( . Varennes, Saint-A

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