I.E DEMEll DU SACRE-CŒUR
savoir si la merveille dédiée au cœur de Jésus le glorifiera pendant de longues années ou exhalera vers lui toutes les piétés de son parfum, dans un seul et grand souffle, comme un encensoir brisé?
Ce que nous savons, ce qui est certain, c'est que la bonté de Dieu n'a point de bornes, que son règne arrive sans cesse, que sa volonté est faite éternellement, et qu'à l'heure où notre expiation montera vers lui victorieuse ou vaincue, son cœur divin la répandra en baume de grâce sur la plaie par où saigne le cœur de la France.
Donnez, heureux, donnez, souffrants, donnez tous et donnez tout pour racheter l'àme de la patrie!...
Il tendit, moitié grave, moitié riant, sa
PREFACE-ANECDOTE
main ouverte comme les quêteurs. Nous obéîmes à ce commandement, et dans sa main le sou du cher frère tomba à côté de ma bourse.
Mais le cher frère avait les yeux humides, et moi j'appelai Jean « fanatique », pour me venger.
A quelque temps de là, je lus frappé en apparence très-cruellement. Sous le coup, je chancelai au bord de la révolte qui tue.
Mais je vins un matin m'agenouiller dans la chapelle provisoire du Sacré-Cœur, et je fus sauvé, ayant reçu le bienfait des premières larmes.
LE DENIER DU SACRE-CŒUR
Depuis lors, je crois, j'espère et j'aime. Je suis heureux; je sais prier.
Il y a quinze jours, j'achevais la publication de Pierre Blot dans la revue du Monde catholique, quand j'appris, par la triomphante clameur des journaux hostiles à la religion, que les souscriptions à l'œuvre du Vœu National allaient se ralentissant. La pensée me vint aussitôt d'ajouter cette préface à mon livre ; non pas que je me flatte de posséder la moindre influence, mais dans le but de me créer ainsi une offrande à déposer sur l'autel du Sacré-Cœur.
Et pendant que j'écrivais ces pages, une autre pensée naquit en moi : je me dis que, selon la parole de Dieu même, quiconque divulgue le bien qu'il a fait a reçu sa récompense en ce monde.
PRÉFACE-ANECDOTE
Je résolus alors de donner deux fois, d'abord le salaire de mon travail et ensuite ma récompense à venir, pour acheter le droit de dire à mes amis qui sont riches : « Vous avez donné, donnez encore; vous avez donné beaucoup, donnez le double, car il faut imposer silence à la raillerie des méchants. Donnez et divulguez votre don, au risque de perdre votre récompense. Élevez votre drapeau, soutenez l'honneur de votre foi. La pécheresse [fut pardonnée parce que son cœur éclata comme un vase trop plein et emplit la maison de parfums. Imitez cet amour, supérieur aux prudences humaines.
Vous, la France catholique, dans votre repentir, vous avez fait une solennelle promesse au cœur de Jésus-Christ : Christo ejusque mcratmimo Cordi Gallia pœnitens et
LE DI:NIEK du S.VCRÉ-C(ECR.
deiola. Vous devez! Laisserez-vous outrager la France et son vœu? Prolester sa dette? Insulter à sa pénitence? Provoquer la foudre ?
On vous parle, écoutez. Ce n'est pas moi, qui ne suis rien, c'est le Ga?ur, qui est tout. On vous appelle, levez-vous et venez. L'ennemi a triomphé trop vite, car vous voilà prêts à donner ce que vous avez, tout ce que vous avez, plus que vous n'avez, et à vous donner vous-mêmes par surcroit au Cœur qui aime les Francs, pour racheter la France!