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Chapitre VII

Dans mon voyage de France, ie rencontray quantité de perfonnes qui me demandoient fi le bled! venoit en la Nouuelle-France, & fi l'on y mangeoit du pain. C'eft ce qui m'a obligé à faire ce Chapitre, pour | defabufer ceux qui croyent que l'on ne vit dansce Pays-icy que de racines, comme on fait aux Ifles Saint Chriftophle, .Hs feauront donc que le bled froment y vient tres-bien ; & on y fait du pain auffi beau & auffi blanc qu'en France, Les feigles y viennent plus que l'on ne veut : toute forte d'orges & de pois y croiffent fort beaux, & l'on ne void point de ces pois { verreux plains de coffon, comme on en void en France ; les lentilles, la { voifte, l'auoine, & mil, y viennent parfaitement bien ; les groffes febves y viennent bien auffi; mais il y a de certaines années qu'il y a de groftes Ê mouches qui les mangent, quand elles font en fleur. Le bled Sarazin y vient auffi; mais il arriue quelquefois que la gelée le furprend auant qu'il foit meur. Le chanvre & le lin v viennent plus beaux & plus hauts qu'en

France,

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Les grains que cultiuent les Sanuages, & qu'ils auoient auant que

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nous vinffions dans ce Pays, ce font gros Mil où Bled d'Inde, Faizoles ou Arricots, Citroüilles d'vne autre efpece que celles de France; elles font plus petites, & ne font pas fi creufes; ont la chair plus ferme & moins aqueufe, & d'vn meilleur gouft. Du Tournetol, de la graine duquel ils font de l'huile qui eft fort delicate, & de tres-bon gouft. De l'herbe à la Reyne, où Petun, dont ils font leur Tabac; car les Sauuages font grands fumeurs, & ne fe peuuent paffer du petun, Voila en quoy confifte la

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os de

culture des Sauuages.

Toutes fortes de Naucuux & Rabioles, Bettes-raues, Carottes, Panais, Cercifis, & autres racines, viennent parfaitement, & bien groffes. Toute forte de Choux y viennent auffi en leur perfection, à la referue des Choux à fleur que ie n’y ay point encore veu. A

Pour des herbes, Lozeille, Cardes de toutes facons, Afperges, Efpinars,

Laittuës de toute forte, Cerfüeil, Percil, Cicorée, Pimprenelle, Oignons,

Porreuux, l'Ail, les Ciues, Hyfopes, Bouroche, Buglofe, & generalement } toutes fortes d'herbes qui croiffent dans les jar ins de France ; les Melons, les Cocombres, les Melons d'eau & Callebaces y viennent tres-bien.

Pour des fleurs, on n'en à pas encore beaucoup apporté de France, finon des Rofes, des Oeillets, Tulipes, Lys blancs, Paffes-rofes, Anemones & Pas-d'alouette qui font tout comme en France.

i En 1634, le père le Jeune disait que le blé récolté en Canada était comparable au plus beau de France.

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[suzrp] PIERRE BOUCHER ET SON LIVRE 145

Pour les herbes fauuages, ie v'entreprendray pas de vous en décrim icy les noms, finon de quelques-vnes les plus communes qui fe rencontrent icy dans les bois. Je Cerfücil a la fouille plus large que celuy de France, a la tige beaucoup plus groffe, & eft d'auffi bon gouft. L'Ail eft plus petit que celuy de France : il y croift force petits Oignons façon de Ciues le long du grand Fleuue. 11 y a de la Paffe-pierre & du Percil fauuage, qui reffemble tout à fait au percil de Macedoine : il y à de l'Angelique dans les prairies, & le Pourpier vient naturellement dans les terres defertées fans y eftre femé : mais il n'eft pas fi beau que celuy que nous cultiuons : il fe trouue däs les prairies d'vne herbe qu'on appelle Voifferon, qui fait d'excellent foin, auffi bien qu'une autre qu'on appelle Pois fauuages : il n'y !en a plus vers les Trois-Riuieres & Mont-Royal, où il n'y a point de reflux, que vers Quebec. Le IHoubelon y vient auffi naturellement, & on en fait de tres-bonne biere, La Cicuë y croift à merucille, auffi-bien que l’Elebore : le Capilaire y croift en abondance : il fe trouue de plufieurs fortes de Fougere, des Ortyes dont on fait du fil & de tresbons cordages, du Melilot*, des Rofeaux & Loncs, le long des riuieres.

I y a auffi quantité de fortes de fleurs, dont les plus confiderables font celles-cy, des Martagons qui font Jaunes ; des Rotes fauuages qui ne font point doubles: vne autre fleur rouge qu'on nomme Cardinalle, vne efpece de Lys, du Muguet, des Violettes timples & qui ne fentent rien, Ie ne féay point le nom des autres; mais ceux qui ont efté aux [roquois ? m'ont dit, que c'eft chofe admirable de voir la quantité & la diuerfité des belles fleurs qui s'y trouuent.

Des Sauuiges de la Nouuelle-France, & de

leur facon de viure, Chapitre IX,

Tovs les Sauuages de la Nouuelle-France, font quafi tous les vns comme les autres, particulierement pour les habillemens & leurs couftumes : mais comme ils font differens en leurs façons de vie & en leurs langages, nous les diftinguerons en deux, à quoy fe ‘apportent toures les Nations de ces pays icy : feauoir l'Algonquins & la Huronne ; toutes les nations qui habitent le cofté du Nort, tant bas que haut, font tous Algonquins, & ne different pas beaucoup de langage, finon comme le Poiteuin differe du Prouencal ou du Gafcon, Du cofté du Sud il y à encore les Abnaquiois,

? Sorte de plante légumineuse.

# Le soin que l’auteur a toujours d'englober le pays des Iroquois dans ses descriptions, montre bien que les Français du Bas-Canada le regardaient comme formant partie de la Nouvelle-France.

4 Toutes,

Sec. I, 189 . 10,

les Acadiens, les Socoquiois & tonte la nation du Loup.' qui tiennent plus de l'Algonquin que du Huron.

En haut les Outaoüac. les Nez percez & toutes ces autres grandes nations parlent presque tous Algonquin.

D'autre cofté la nation du Petun,! la nation neutre. tous les Iroquois, les Andaftoé® parlent la langue Ifuronne, quoy que les Dialectes foient beaucoup differens, comme l’Éfpagnol, l'Italien, le Francois different du Latin. Mais entre Ja langue Huronne & lAlgonquine, il y a autant de difference que du Grec au Latin.

Les Algonquins font errans, & ne viuent que de chaffe & de pefche, ne feauent ce que c'eft de cultiuer des terres ; & vniuerfellement toutes les nations qui ont rapport à la langue Algonquine, Au contraires les Hurons, [roquois, & toutes les nations qui ont rapport à la langue Huronne, font fedentaires, ont des bourgades, font des champs, cultiuent la terre, trafiquent chez les autres nations, font plus policez, ont conime des Officiers parmy eux pour toutes fortes de chofes.

Faifons la defcription de la vie des Algonquins, apres quoy nous parlerons de celle des Hurons.

L'Algonquin, comme fay dit, eft errant, & vit de chaffe & de pefche; & pour cét effet ils ont de petits vaiffeaux, que l'on appelle icy canots, faits d'efcorce de bouleau, & renforcez par dedäs de demy-cercles de bois de Cedre : cela eft fait fi proprement qu'un homme feul porte aifement vn de ces petits vaiffeaux, quand il eft queftion de trauerfer les bois pour aller d'vne riuiere à vne autre ; & cependant il s'y embarque, luy fa femme & fes enfans, fes armes, fa maifon, & le refte de ion bigage. Il y a des canots de deux. de trois, de quatre, & de cinq braffes.

Leurs maifons confiftent d'ordinaire en trois efcorces de bouleau, qui ont enuiron chacune vne aulne de large. & trois à quatre aulnes de long, qui fe plient comme fait vn tableau quand il fort de chez vn Peintre : ils eftendent ces écorces le foir quand ils font arriuez, fur trois ou quatre perches en rond, qui vont en pointe vers le haut, en forte que la cabane est ronde, large par en bas, & retreffiffant par le haut. C'eft d'ordinaire la femme qui fait la cabane, qui defcharge le canot, allume le feu, &

‘ Les Mohicans. Ilest bien certain que les nations du Nouveau-Brunswick, de la Nouveile-Ecosse et du Maine étaient algonquines de langue, de genre de vie, de manières, et différaienc en tout cela des Iroquois et des Hurons,

? Après avoir habité l'ile Manitoualin jusq'à 1550, les Outaouais étaient allés se placer dans la Grande baie du lac Michigan,

5 Les Amikoués ou nation du Castor demeurai:nt sur la terre ferme, au nord du lac Huron, dans le district d'Algoma aujourd'hui.

4 Dans le comté de Huron, où se trouvent la ville et le port de Goderich.

5 Andastes, nation de la Porcelaine, placée sur'les bords de la Susquehannah,

ÿ Dans les comtés de Middlesex et Elgin, où sont les villes de London et Saint- Thomas. En 1663, les Neutres et les Pétuneux n'étaient pas nombreux dans ces parages, car les [roquois leur avaient fait de terribles guerres au cours des quinze derniers années,

difpose le fouper, pendant que l’homme allant faire vn tour dans le bois, va voir s'il ne trouuera rien à tuer. {La femme doit auffi difposer le lit, allant couper à proche vn paquet de branche de fapin, qu'elles l'eftendent fur la terre pour fe coucher ; e'eft elle qui doit couper & apporter tout le bois neceffaire pour la maifon. Quand les hommes ont tué quelque animal, c'eft aux femmes à aller querir la viande: car elles leur feruent comme de porte-faix, elles écorchent 1e6s animaux, elles en eftendent & font fecher les peaux, elles les paffent apres pour s'en couurir ; car nos Sauuages ne vont pas nuds, comme font ceux qui font du cofté des Ifles faint Chriftophle” feulement ils ne fe couurent point les bras, finon quand il fait grand froid.

Les Sauuages generalement parlant, tant hommes que femmes, font fort bien-faits; & on en voit fort peu parmy eux qui ayent des defauts de nature, comme d'eftre louches, boffus, baiteux, à moins qu'il ne leur foit ar, .ué par accident.

[IS font buzanez, les enfans qui naiffent font blancs comme des Francois, & cette couleur bazanée ne leur vient qu'auec l'aage. Les hommes n'ont point de barbe, ils ont tous les cheueux noirs & gros, tant honimes que femmes, fe les gœraiffent fort fouuent. Les Algonquins les portent d'ordinaire fort longs.

Ils font naturellement timides, cruels, diffimulez. complaifans, ingrats, fur tout les Alwonquins, hardis demandeurs: mais le plus grand mal que jy vois, c'eft quils font extremement vindicatifs, & garderont vingt ans le deffein de se vanger, fans le faire paroiftre ; cependant cherchent toufiours l'occafion d'auoir quelque pretexte qui les mette à couvert. Ce n'eft point leur couftume de faire paroiftre leurs rancunes ouuertement, comme de fe battre à la rencontre, où feui à feul, comme on fait en Europe. Vn homme feroit odieux parmy eux qui l'auroit fait; & comme ils font heureux d'auoir occafion de faire piece à leurs ennemis & eftre à couvert, C'eft vne des caufes qui les rend fi paffionnez pour s'enyurer, eftimans que quand ils ont frappé ou tué quelqu’vn dans

L'Sic,

? Les îles Saint Christophe, qui reviennent plus d'une fois sous la plume de M. Boucher, sont à 40 lieues au nord-ouest de la Guadeloupe, Elles appartiennent à l'Angleterre depuis 1713 et dépendent du gouvernement d'Antigon, L'ile Saint- Christophe proprement dite se nomme à présent Saint-Kitts. Du temps de M. Boucher, les gouverneurs de ce groupe d'iles furent, entre autres, M. de Poincey et M. de Montmagny, tous deux parents, et les premiers colons du Canada avaient connaissance de ce qui se passait dans ces lieux lointains par les rapports qui arrivaient au gouverneur de Québec. En France, il semble qu'il existait une grande confusion dans les idées au sujet ‘des Iles”, selon le terme usité; on les prenait souvent pour le Canada, aussi M. Boucher at-il le soin d'expliquer en quoi les deux colonies différent l’une de l’autre, mais la lumière se fait lentement dans cet ordre de choses, de sorte que les écrivains français n'ont pas cessé de parler des [les comme si c'était le Canada et du Canada comme si c'était les Iles. Il en est résulté de graves malentendus parmi les lecteurs,

* Faute typographique : boiteux.

leur yureffe, cela ne leur eft point à deshonneur, difans que c'eft ‘la boisson qui l’a fait, & non pas eux; cependant ils volent de joye dans leurs cœurs de s’eftre vangez: de-là vient que les Sauuages ne boiuent quafi iamais que pour s'enyurer, & en fuite faire piece à quelqu’vn qui leur aura rendu quelque déplaifir, ou pour affouuir quelque-autre passion brutale, comme de violer vne fille ou femme. C’eft ce qu'à fort bien reconnu Monfieur noftre Euefque, & ce qui l’a rendu fi zelé à s’oppofer à ceux qui donnoient de la boiffon aux Sauuages, dôt ils s'enyuroient inceffamment, & d'où naiffoient des defordes funeftes, que la pieté des gens de bien ne pouuait fupporter: Car il eft tres-certain, que les Sauuages ne boivent point par delicateffe, ny par neceffité ; mais toufiours pour quelque mauuais deffein : & cela eft tellement vray—qu'on n'auoit 1amais veu, ny entendu parler parmy les Sauuages, des maux qui fe font faits depuis qu'on leur a donné de ces boiffons enyurantes : car les “inuages de leur naturel ne font point capables de grandes malices, con: sont les Europeens ; ils ne fçauent ce que c’eft que de jurer. Quoy qu'ii y en ait parmy eux quelques-vns qui foient larrons, ils ne dérobent iamais auec effronterie, ny mefme aucc adreffe, du moins les Algonquins, quoy qu'ils ne manquent pas d’efprit.

, Ordinairement tous les Sauuages ont l'efprit bon, & il eft bien rare de voir parmy eux de ces efprits bufes & groffiers, comme nous en voyons en France parmy nos payfans: [ls craignent plus vne fimple reprimande de leurs parens ou de leurs Capitaines, que l'on ne fait en Æurope les rouës & les gibets : car vous ne voyez point de defordre parmy eux, quoy que les peres et les meres n’ayent point de chaftiment pour leurs enfans, nonplus que leurs chefs pour leurs inferieurs, que des paroles de reprimande ; & j'en ay veu qui fe font empoifonnez ; d’autres qui se font pendus, ou pour auoir receu, ou de peur de receuoir vne correction de leurs parens, où de leurs Capitaines, & cela pour quelques petites fautes qu'ils auoient fait. C'eft d'où vient que quand il s'eft fait vn meurtre, on ne s’en prend point à celuy qui la fait, mais aux Capitaines, qui font obligez de fatisfaire aux parens du defunt; & comme la fatisfaction eft confiderable, & que cela donne de la peine au Capitaine, cela donne vne telle confufion à ceiuy qui a fait le mal, que quoy qu'on ne luy dife rien, il fe bannit ordinairement le re'te de fes iours. & cela retient tous les autres en bride,

[ls refpectent beaucoup leurs Capitaines, & leur obeyffent nromptement, fur tout quand ils ne font point vicieux: car quand ils le font, ils les méprifent fort, difans, qu'vn homme qui ne peut pas fe commander foy-mefme, eft incapable de commander autruy.

Ils ne font point d'ordinaire auaricieux; cela vient de ce qu'ils ne fe foucient pas de rien amaffer (particulierement les Algonquins) qui viuent au iour la iournée : ils n'ont point de foin,

La liberalité parmy eux eft eftimée ; c'eft d'où vient que les Capitaines font ordinairement plus pauures que les autres: car quand ils

fe

commencent à paroiftre, ils donnent tout. pour attirer l'affection de leurs gens, qui par apres leur font plufieurs prefens, & les nourriffent quand ils commencent à vieillir.

Ils ne font point plus braues les vns que les autres, les meilleurs chaffeurs font les mieux accommodez.

Ils ne feauent ce que c'eft de fe faire feruir, chacun fe fert foymefme.

Le meftier des hommes Alwonquins, c'eft d'aller à la chaffe, à la pefche & à la guerre, en traitte aux Nations efloignées, & d’efcorter les femmes quand elles vont en des lieux dangereux, faire les canots, & voila tout ; pour le refte ce font les femmes qui le doiuent faire,

Quand ils font en voyage, & que leurs femmes vont auec eux, la femme nâge dans le canot auffi bien que l'homme, En voila affez dit des Algonquins.

Venons maintenaut à vne vie & des couftumes bien differentes qu'ont les Nations de la langue Huronne, tels que font tous les cantons des [roquois. Ils font fedentaires, comme j'ay déja dit, & baftiffent des bourgades. Ce font les hommes qui font les paliffades & les cabanes, qu'ils font en forme de berceau, fort haut & large; couuert depuis le haut iufques au le Maiftre du festin chante toû-! bas de groffe écorce de Frefne ou d’Orme: les meilleures de ces cabanes font couuertes d'écorces de Cedre, mais elles font plus rares.

Ils abbatent du bois, & defertent pour faire des champs. Quand le bois en eft bruflé, c'eft aux femmes à les enfemencer; car ce font les femmes qui font toutes les femences, cerclent le bled & en font la recolte : ce font elles qui le moulent, autrement le pilent : car les Sauuages n'ont iamais eu l’vfage des Moulins ; l'ayant reduit en farine, elles en font du pain, ou vne efpece de boüillie auec de l’eau & quelque affaifonnement, lors qu'ils en ont, ce qu'ils appellent Sagamité : car les femmes font les Cuifinieres & les Boulangeres,

Les hommes trauaillent encore à faire des canots, des armures & des rets; mais ce font les femmes qui filent le fil: les hommes tiennent les Confeils, deliberent des affaires, c'eft à dire ceux qui font de naiffance pour cela ; car les Capitaines viennent de peres en fils, & entrent au Confeil lors qu'ils font en aage meur, & qu'ils ont montré auoir l'efprit bien fait.

Ce font les hommes qui vont à la chafte, à la pefche, & à la guerre : les Iroquois ne vont point en traitte chez les autres nations Sauuages, car ils font haïs de tous : les Hurons y alloient fort, & trafiquoient quafi par tout le pays.’

! Ces mots : ‘le Maiftre du festin chante toù-” appartiennent à un endroit que nous signalerons plus loin.

? Les Hurons obtenaient par les Andastes de la Pennsylvanie ou autres peuples, du tabac de la Virginie. Ils allaient sur l’'Ottawa rencontrer les Sauvages du nord avec lesquels ils échangeaient les produits de leur culture.

Les hommes s'occupent encore à faire des plats & des cuilleres de bois. C'eft auffi eux qui font les champs de tabac, & les calumets où pipes qui leur foruent à fumer: les femines font les pots de terre, comme auffi quantité de petits ouurages propres à leurs vfages, que ie ne d'écriray point pour n'eftre connus en France, Elles feruent de porte-faix, & il faut que ce foit elles qui portent tout ce qu'il y à à porter.

L'ay appris depuis peu que les [roquois & Troquoifes fe font feruir

wrand nombre, tant d'hommes que de

par leurs Efclaues, qu'ils ont en g

femmes.

Continuation fur le mefme fujet, concernant le

Mariage des Sauuages.

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