SCÈNE V
PACCHÉCO, INÈS, GARDES.
PACCHECO.
Inès est votre nom ?
Oui.
PACCHÉCO.
Sur les bords de TÉbre ; Votre père autrefois rendit le sien célèbre.
INÈS
Il est vrai.
PACCHÉCO.
Dans l'oubli de ses nobles efforts, Il vécut sans richesse.
INÈS
Il mourut sans remords.
Il mourut dans les bras d'une épouse chérie, Et ses derniers soupirs furent pour la patrie.
PACCHÉCO.
Tels sont des plus grands rois les destins rigoureux; S'ils ne font des ingrats , ils font des malheureux. Mais enfin , de vos droits se souvenant peut-être, Alphonse , dans sa cour vous invite à paraître.
INÈS
Moi?...
pacchéco. (heurs,
Vous. Pourquoi ce troubîe?Instruit par des mal- Ayant pleuré lui-même, il sait tarir des pleurs. Qui connut l'injustice est rarement injuste.
INÈS
Honneur donc au vrai roi qui, de son trône auguste, Daigne sourire aux pleurs qu'il ne fait pas couler,
Etdontles malheureuxs'approchent sans trembler; Mais que ferais-je loin de ce réduit champêtre! Ah ! celui qui fidèle au toit qui l'a vu naître , Y trouve loin des cours son repos établi , Obtient assez des rois, s'il garde leur oubli.
PACCHÉCO.
Le vœu d'un roi 9 Madame , est un ordre. in Es.
Q'entendsje !
PACCHÉCO.
Le temps presse... partons.
INÈS
Quelle rigueur étrange !
Du sein de ma retraite avant de m'arracher , Quel forfait, quelle erreur peut-on me reprocher?
PACCHÉCO.
Par vos soumissions prouvez votre innocence.
ikès, avec une grande agitation.
Eh bien ! avant qu'ici l'on prenne ma défense,.. Hàtons-nous...
PACCHÉCO.
Quels discours ! contre un ordre du Roi Qui donc aurait l'orgueil de vous défendre!