SCÈNE PREMIÈRE
DON DIÈGUE , PACCHÉCO.
( Ils entrent suivis d'un soldat qui dépose un coupe sur la table et se retire au signe que lu fait Pacchéco. )
PACCHÉCO.
L'état du roi n'a rien qui doive inquiéter. A tant d'émotions s'il n'a pu résister , Eu vain, l'effet prévu d'une longue souffrance , Dans un sommeil profond suspend son existence; On répond de sa vie, et ce repos heureux Présage à son réveil un jour moins douloureux. Ne vous troublez donc pas : déjà l'heure s'avance Et nous verrons bientôt s'accomplir la sentence D'un tribunal sacré dont nul pouvoir humain Ne saurait désarmer le décret souverain.
DON DIEGUE
Cédant aux vains transports d'une pitié stérile, Le peuple, m'a- 1- on dit, menace cet asile.
PAC HÉCO.
Du prince par mon ordre on observe les pas. Et de vaines clameurs ne m'arrêteront pas. Investi par nos lois d'un pouvoir redoutable, Du sort de mon pays je deviens responsable ; Et je saurai pour lui, content de tout braver , Réussir ou me perdre afin de le sauver»
DON D1EGUE.
Poursuivez. En tombant sous des coups légitimes;, Inès préservera des milliers de victimes, Et de deux rois enfin les débats cesseront.
* paccpieco.
Les lois l'ont condamnée et les lois frapperont. Du péril qui m'attend j'aperçois l'étendue; Mais l'infant me devra sa liberté rendue. Quand au fils malheureux d'un hymen criminel , Loin des marches du trône élevé pour l'autel, Etcontraint d'abjurer le sang dont il tient l'être , Ses cheveux tomberont sous les ciseaux d'un prêtre.
DON DIÈGUE
Croyez-moi, revenu d'un injuste courroux, Don Pèdre tôt ou tard approuvera vos coups. Monarque un jour, et fier d'une auguste alliance , Entouré par vos soins de gloire, d'espérance, De sa splendeur en vous il verra l'instrument ; Et le cœur des humains sacrifie aisément La douleur qui s'efface à la grandeur qui reste. Quedis-je ? du passé l'histoire vous l'atteste, Les rois s'environnant de sujets éprouvés , Ont souvent pour appui ceux qui les ont bravés. Enfin , quoiqu'il arrive , une fortune immense, Des titres , des honneurs , seront la récompense Qu'aux remparts de Burgos à la cour de nos rois ? Le prince que je sers vous promet par ma voix. '
PACCIIÉCO.
Vous me connaissez mal ; cet offre est inutile ; L'intérêt de l'empire est mon premier mobile. Faire tout pour L'État cl jamais rien pour moi, Tels seront jusqu'au bout mon précepte et ma loi. On entre... C'est Inès.
DON DIÈGUE
Je vous laisse avec elle.
PACCHÉCO.
Allez. Le bien public vous répond de mon zèle.