SCÈNE IL PACCHÉCO, INÈS
PACCHÉCO.
Des lois du Portugal, ministre obéissant,
A des devoirs cruels je cède en gémissant ,
Madame ; mais le roi n'a pu changer lui-même
Le décret souverain d'un tribunal suprême.
D'un excès de rigueur comme nous désole'
Sur cet arrêt fatal ses larmes ont coulé ;
Mais les lois malgré lui veulent qu'il s'accomplisse.
INÈS
Que fait don Pèdre ?
PACCHÉCO.
Hélas! hâtant votre supplice Par l'aveu de l'hymen qui vous enchaîne à lui , Dans l'amitié du peuple il espère un appui. Vains projets! les malheurs, les troubles qu'il ap- Sans préserver la vôtre exposeront sa tête, (prête, Vous seule empêcheriez d'inutiles forfaits, Si du décret fatal devançant les effets , Vous dérobiez au peuple un spectacle funeste. Cette coupe....
( Il lui montre la coupe déposée sur la table. )
INES.
O mon fils !
PACCHÉCO.
Nul espoir ne vous reste.
INES.
Nul espoir î
PACCHÉCO.
Quand le jour luira sur ces remparts, Le prince poursuivi, cerné de toutes parts, Pourra-t-il soutenir une lutte inégale?
A tout ce qui m'est cher si ma vie est fatale , Je n'ai plus qu'à mourir.