A JACQUES PELETIER DU MANS DES BEAUTÉS QU'IL VOUDRAIT EN S'AMIE
ODE XON MESURÉE
Quand je serai si lieureux de choisir
Maîtresse selon mon désir,
Mon Peletier, je te veux dire
Laquelle je voudrais élire Pour la servir, constant à son plaisir.
L'âge non nnu", mais verdelet encore,
Est l'âge seul qui me dévore
Le cœur d'impatience atteint ;
Noir je veux l'œil et brun le teint, Bien que l'œil vert toute la France adore.
J'aime la bouche imitante la rose Au lent soleil de mai déclose (2)...
La taille di'oite à la beauté pareille.
Et dessous la coiffe une oreille
Qui toute se montre dehors ;
En cent façons les cheveux tors (3) ; La joue égale à l'aurore vermeille ;
L'estomac plein : la jaml)e de bon tour.
Pleine de chair tout à l'entour,
Que volontiers on tâterait ;
Un sein qui les dieux tenterait.
Le flanc haussé, la cuisse faite au tour ;
(1) B)., Odes retranchées, t. II, p. 402. On trouvera le texte orisïinal de cette pièce dans l'ouvrage de M. Laumoxier, Ronsard, pacte lyrique, p. 26. Les corrections souvent très heureuses que Ronsard lui a fait subir l'ont amélioré sans en changer sensiblement le caractère. J'avertis le lecteur qu'il trouve ici le texte remanié d'après l'édition I\Iartv-Laveaux.
(2) Ouverte.
(3) Tordus,
MONSARI). — CHAP, 111