‹ Pierre de Ronsard; textes choisis et commentésChapitre 16 sur 86 · I.a (leiil d'ivoire, odorante l'haleine · texte numérisé non relu

I.a (leiil d'ivoire, odorante l'haleine

A qui s'égalerait à peine Les doux parfums de la Sabée, Ou toute l'odeur dérobée

Que l'Arabie lieureusemeut amène:

L'esprit ua'ïf, et na'ive la grâce :

La main lascive, ou qu'elle embrasse L'ami en son giron couché, Ou que son luth en soit touché.

Et une voix qui même son luth passe (1);

Le pied petit, la main longuette et belle, Domptant tout cœur dur et rebelle.

En un ris qui, en découvrant Maint diamant, allât ouvrant

Le beau séjour d'une grâce nouvelle ;

Qu'eir sût ])ar cœur tout cela qu'a chanté Pétrarque, en amour tant vanté.

Ou la Rose (2) si bien écrite.

Et contre les femmes dépite.

Par qui je fus dès enfance enchanté ;

Quant au maintien, inconstant et volage, Folâtre et digne de tel âge.

Le regard errant çà et là ; I^n naturel avec cela

Qui plus que l'art misérable soulage.

.le ne voudrais avoii' en ma puissance A tous coups (Felle jouissance ; Souvent le nier (3) un petit (4) En anu)ur donne l'appétit.

Et fait durer la lonoue obéissance.

fl) Surpasse.

(2) Le Roman Oc la Rose, de Jean de Meung et de Guillaume de

Page 1