LES AMOUKS DE CASSANDRE
Mais comino ami de ton amour touché Navrô (1) (lu coup (]u" Amour ufa dccochc, Forgeant ses traits des beaux rais (2) de ta vue.
\'oici (o) !(" bois, ([ue ma sainte Angeletto Sur le jjrintemps réjouit de son chant : Voici les Heurs où son pied va marchant, Quand à soi-même elle pense seulette :
Voici la prée (4) et la rive mollette, (^ui |)rend vigueur de sa main la touchant (5), Quand pas à pas en son sein va cachant lie l)el émail de Therbe nouvelette.
Ici chanter, là })leurer Je la vis,
Ici sourire, et là je fus ravis
De ses discours jiar lescpiels je des-vic (G)
Ici s'asseoir, là je la vis danser :
Sur le métiei" d'un si vague penser Amour ouidit les trames de ma vie.
(i)uand (7) le grand cril (8) dans les Jumeaux arrive (9) Un jour plus doux serène (10) l'univers ; D'épis crêtes ondoyent les champs vers, Et de couleurs se peinture la rive.
( 1 ) Blessé.
(2) Ravous.
(8) Bl.' I, <Lix; t. I"'-. p. 92.
(4) Le pré.
(.0) Quand elle la touche.
■(()) Meurs.
(7) BL, L cxcii ; t. 1", p. 109.
(5) Le soleil.
(9) Au lijois dv mai.
(lOj Rend serein.
Mais quand sa fuite obliquement tardive, Par le sentier qui roule de travers (1), Atteint l'Archer (2), un changement divers (3) De jour, de fleurs et de couleurs nous prive.
Ainsi quand l'œil de ma déesse luit Dedans mon cœur, en mon cœur se produit Maint beau penser qui me donne assurance :
Mais aussitôt que son rayon s'enfuit, De mes pensers fait avorter le fruit, Et sans mûrir (4) tranche mon espérance.
De (5) ses maris, l'industrieuse lleleiiic, L"aiguille en main retrac-ait les combats Dessus sa toile : en ce point tu t'ébas D'ouvrer le mal duquel ma vie est pleine.
Mais tout ainsi, maîtresse, que ta laine Et ton fil noir dessinent mon trépas, Tout au rebours pourquoi ne peins-tu pas De quelque vert un espoii" à ma peine?
Mon œil ne voit sur ta gaze rangé Sinon du noir, sinon de l'orangé, Tristes témoins de ma longue souffrance.
0 fier destin ! son œil ne me défait Tant seulement, mais tout ce qu'elle fait Ne me promet qu'une désespérance.
(1) Le Zodiaque.
(2) En novembre.
(8) Contraire.
(4) Sans mûrir : sans la laisser mûrir.
(5) Bl., I, ccx; t. I". p, 118.