CORNEILLE , MADAME CORNEILLE , CATHOS
CATHOS
Ah .! Monsieur , Madame. . .
MADAME CORNEILLE
Qu’est-ce donc?
Qu’y a-t-il ?
CATHOS
Ils sont là.
Qui?
CATHOS
Du moins , ça m’en a tout l’air.
MADAME CORNEILLE
Encore une fois , de qui veux-tu parler ?
CATHOS
De ces vilaines gens dont vous avez si peur.
Les huissiers ?
CATHOS
Ah, ma fin’ oui, monsieur. Figurez-vous qu’il y a dans la cour une douzaine d’hommes la plupart vêtus de noir ; et il en arrivait encore d’autres , quand je suis accourue pour vous avertir.
MADAME CORNEILLE
Grand Dieu ! que faire ?
Je vais regarder par la fenêtre.
CATHOS
N’y boutez seulement point le nez, monsieur.
Pourquoi ?
Parce qu’ils vous verraient : il ne faut jamais se montrer à ces chiens de visages-là , voyez-vous } moi je connais les finesses \ vous savez bien que je suis de Normandie , et , dans ce pays-là , on voit quasi autant d’huissiers que de pommes.
Ecoute , Cathos.
CATHOS
Oui, monsieur.
Ne perds pas de temps *, descends vite , et empêcheles de monter.
MADAME CORNEILLE
Y pensez-vous ? résister à la Justice !
CATHOS
Oh ! laissez-moi faire : je vais seulement crier à Madelon qu’elle leur ferme la porte et qu’elle ne réponde point. Pour moi , voyez-vous, je suis têtue comme une Bretonne , et , s’ils entrent de force , il faudra qu’ils m’assomment.