‹ Pierre et Thomas Corneille. À propos en un acte et en proseChapitre 4 sur 22 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

du théâtre , a-t-il tenté d’élever une voix généreuse en faveur de celui qui a tant de fois contribué à leur prospérité : les ingrats m’ont repoussé après la chute de Pertharite.

THOMAS

Pourtant, mon frère , nos ressources sont épuisées } grâce à notre insouciance commune pour les affaires , les nôtres sont entièrement dérangées : nous avons fait des dettes , les créanciers nous tourmentent. Il vous serait si facile

J’ai prévu cela , et plutôt que de recourir au théâtre , je me suis décidé à écrire à Rouen, au cousin d’Orgeville qui vient chaque semaine à Paris, pour le prier de passer chez moi ; je l’attends d’un moment à l’autre.

THOMAS

Et vous espérez trouver dans sa bourse...

Certainement.

THOMAS

Depuis quand , mon frère , avez-vous vu qu’un marchand prêtât sans sûreté de l’argent à un poëte ? vous connaissez mieux les hommes des siècles passés que ceux du nôtre.

C’est notre parent.

THOMAS

Notre parent tant qu’il vous plaira -, mais ignorez-vous qu’ aujourd’hui l’on ne prête à ses parens que lorsqu’on espère en hériter ?

Thomas, avec tes dix-neuf ans de moins...

THOMAS

J’apprécie les hommes mieux que vous.

Tu les juges plus mal... On vient 5 c’est précisément d’Orge ville.

Page 1