LE SÉJOUR A AIX CHEZ LE COMTE D'ALAIS
Bientôt après la perte du prieure de Roumoules, une brillante compensation fut offerte à Gassendi. Il avait connu à Aix Louis-Alphonse Du Plessis de Richelieu* alors archevêque
^^Dian^e^Bain^^ond^Gassendi
de ce diocèse. C'était le frère du duc Armand Du Plessis de Richelieu, le ministre tout-puissant du faible Louis Mil. A la date à laquelle nous sommes arrivés, 1645, l'ancien archevêque d'Aix était le Cardinal Archevêque de Lyon, primat des Gaules et Grand Aumônier de France. Par l'autorité de ce prélat, Gassendi fut nommé professeur de mathématiques du roi! au Collège Royal, aujourd'hui Collège de France, la mort du M. Stella ayant rendu cette chaire vacante*. Par une confusion que les dates auraient dû leur épargner, quelques biographes "ni attribué au duc de Richelieu la nomination de Gassendi à la chaire du Collège Roy^al. Ils oublient que Gassendi y fil son premier cours le '25 novembre 1645 cl que l'illustre ministre était décédé en 1642. Sous <•<■ titre : Institutions astronomiques, Gassendi publia les leçons qu'il avait professées au Collège Royal ri que l'étal de s, santé p aya i t obHgé d'interrompre. En prenant possession de sa chaire, il avait prononcé en latin son discours d'ouverture, oratio inaugurai)*, en présence du cardinal archevêque de Lyon, du duc de Ventadour, coadjuteurde Paris, et des savants les plus distingués qui se trouvaient à Paris. Il y faisait l'éloge de ses éminents auditeurs et des professeurs du Collège Royal, sans eu excepter l'astrologue J.-B. Morin, dont, il devenait le col lègue et qui plus «pie jamais restait son ennemi.
M se plaignait d'une toux opiniâtre qui lui rendait, la respiration et la parole difficiles; le moindre effort de sa voix entraînait une rechute de sa maladie. Les médecins liiolan el Moreau lui conseillaient l'air natal, le doux pays du soleil, et le comte d'Alais le pressait d'accepter son hospitalité eu Provence. Peut-être aussi son poète favori, Lucrèce, vint-il en aide aux conseils des médecins et des amis?
Nonne vides enim coeli novitate et aquarum Tentari, proeul a patria (juicumpie domoqm Advenimt? Ideo quia longe discrepat aer.
i. Cette chaire avait été fondée par une disposition testamentaire de Ramas Le cardina. ava.t le droit d'en disposer en sa qualité de Grand JÏ5S
France
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Il consentit à ce que le mathématicien Roberval fût pourvu de sa chaire, sur l'engagement pris par l'évéque de Gotitances de lui faire donner par celui-ci mille livres à titre de récompense, et il partit pour la Provence.
« À son passage à Lyon, écrit La Poterie, il vit M. le Cardinal, qui renvoyait quérir souvent pour jouir de sa conversation, d'où, après [fois semaines, il partit et s'en alla h Àix dans la litière (pie M, le Que d'Àngoulême 1 lui envoya, d'où il sortit après six mois pour s'en aller à Digne, ce Prince estant sorti à cause de la guerre civile ou plutôt sédition que ce parlement y excita" »•
Le comte d'Àlais avait été arrêté et mis en prison par les fauteurs de ces désordres, ainsi que le général (tes Galères ; si ' Gassendi n'eût élé absent du Palais, il eûl peut-être partagé leur sort.
Des leur mise en liberté, le comte et le général se rendirenl à Marseille, ou les Phocéens Marseillais, 1res irrités contre la ville <r Aix, les reçurent avec enthousiasme.