Dossier île Gre noble
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qu'il arrive, je serai toujours loul à vous, et, puisque nous sommes si unis, je veux que mes biens nous soient communs. Usez-en comme s'ils vous appartenaient. »
II serait excessif et pradoxal de faire de Gassendi un pré* curseur de Mme do Staël et de George Sand ; mais il résulte de sa correspondance qu'il était loin de mésestimer les aptitudes de la femme et qu'il ne la jugeait pas fatalement inférieure à l'homme. Nous verrons plus loin ee qu'il pensait de Christine de Suède. Rappelons ici sa correspondance avec Anne-Marie de Schurman qui vivait à Utrecht, où elle était considérée comme le prodige de son sexe. Cette femme, alors illustre par ses écrits comme par ses mérites artistiques, s'était mise en relation épistoiaire avec tous les savants de sou temps.
Elle n'avait point omis Gassendi, à qui elle avait adressé son ouvrage écrit en latin et dont la traduction française était intitulée : Question célèbre. S'il est nécessaire ou non que les filles soient savantes/ Gassendi ne se contente pas d'un banni remerciement ; il fait l'éloge des connaissances cl des talents de sa correspondante; il nous apprend qu'elle savait le latin, le grec, l'hébreu, l'arabe; qu'elle avait étudié toutes les sciences; qu'elle peignail h l'égal des meilleurs peintres; son exemple lui paraissait être la meilleure réponse à l'intitulé de son livre: ne fût-ce que par courtoisie, il donne son suffrage aux femmes savantes-