LA BONNE AME DE MONSIEUR LE PRÉVOST
Gassendi partit pour Digne au commencement de juin 1648, Il était alors à l'apogée de sa renommée, choyé par 1rs souverains et les grands seigneurs, amis des lettres, en correspondance avec les plus illustres savants de l'Europe qui échangeaient avec lui leurs observations et leurs découvertes.
Ses compatriotes, fiers de sa gloire, se préparaient à le recevoir avec les honneurs qu'il méritait. On étail loin des basses jalousies eî des charivaris « avec tous les bassins de l'Église ».
Il faut citer La Poterie :
« Quand il venait à Digne ou en partait, Ions les habitants le venaient saluer à la foule, les consuls en robe rouge et tous les messieurs de justice avec ce qu'il y a de noblesse, et de même faisaient ceux de Champtercicr, son lieu natal, lorsqu'il y allait voir si bonne et chère sœur.
« Aussi un chacun de tous ces lieux et environs ont reçu beaucoup de bienfaits dé lui par sou conseil, par ses amis qui les exemptaient des guerres, des soldats, des tailles, les protégeaient dans leurs procès 1 .... 11 avait toujours la face riante, d'un doux et facile accueil, d'un agréable parler, d'une douceur non pareille à écouter tout sans interrompre.
« Quand il était à Digne, chez soi, il avait toujours des ecclésiastiques à sa table au dîner, et toutes les fois qu'il faisait le service divin, toutes les principales l'êtes de l'année, il ramenait à dîner chez soi tous les ecclésiastiques servants, el tous les ans à la Notre-Dame d'Août, il faisait festin et traitait à dîner tous les ecclésiastiques de l'église et tous les officiers de justice de sa Prévosfcé.... Tous les jours, il faisait plusieurs aumônes aux pauvres qui s'assemblaient tout près de sa porte,