LE PORTRAIT DE GASSENDI
Au début de celle élude, j'écrivais : Au parloir du Lycée qui s'honore de porter le nom de Gassendi (lycée de Digne), la peinture me donne une ressemblance plus vivante de notre philosophe; c'est un envoi du Ministre de l'Instruction Publique, une bonne copie du portrait peint par Claude M élan, sur la prière de Peyrese et dont l'original, je ne sais pourquoi, serait au lycée de Versailles.
Je ne faisais que reproduire, ou à peu près, d'après mes souvenirs, l'inscription <iue j'avais lue au bas du cadre, lors d'une récente visite au lycée Gassendi.
J'ai voulu savoir pourquoi et comment le portrait du grand prévôt de l'église de Digne se trouvait au Lycée Hoche.
M. le Proviseur de ce lycée m'a fait l'honneur de me répondre : « Il n'y a poinl au lycée Hoche de portrait de Gassendi; mais le Musée de Versailles en possède un, peint non pas par Mélan, mais par Rîoult, élève de David. Cet artiste, ayant eu le bras droit paralysé, continua i\ peindre de
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la main gauche, Le portrait de Gassendi a été exécuté de la main gauche, ïl se trouve au Château, dans une salle qui n'eât pas ouverte au public. »
Le peintre Uioull, élève de David el de Regoault, dans les ateliers desquels i) a pu connaître Alphonse Rabbe, étant né en I7!)0, son portait de. Gassendi n'a pu être qu'une copie.
Ne serait-ce [*ns la copie par Uioull du portrait peinl par Mélan que le Ministre aurait extraite du Château de Versailles pour en faire don au lycée de Digne?
Mais qu'est devenu l'original? Peyresc l'avait-il légué ou donné à Chapelain? On lit dans le testament de Chapelain :
« Nous entendons aussi laisser dans notre bibliothèque, non moins inaliénable que les livres qui la composent, notre portrait peint en huile et celui de feu M. Gassendi, avec relui de la Sérénissime rèyne de Suéde, dont elle m'a honoré. >
Je croîs plutôt que le portrait original] a été recueilli dans la succession de Peyresc par son neveu et héritier le baron de Rians.
Je lis en effet dans la fie de Gassendi par Bougerel : « Wendelin voulait mettre à la tête de son ouvrage le portrait de Gassendi et celui de Pythéas ; il écrivit à Gassendi pour lui demander ces deux portraits. Notre philosophe s'adressa aussitôt au baron de Rians, pour avoir celui de Pythéas... (lue Peyresc avait fait peindre par Rubens. Le baron de Rians en donna une copiée Gassendi qui l'envoya a Wendelin ; il ne fit pas la même chose de son portrait : « Je ne suis pas, écrivit-il h Wendelin (1646), assez déraisonnable pour le refusera mes amis; mais aussi je ne suis pas assez orgueilleux pour souffrir qu'on le mette à la tête d'un ouyrage. M. de Peyresc ayant voulu absolument que Mélan me gravai, je mis tout eu usage pour supprimer ce portrait, de peur qu'il
© DianG-lGS-Bains - Fonds Gassendi
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no tombal en d'autres mains que dans relies de mes meilleurs amis; je voudrais en avoir quelqu'un, à condition qu'il ne
soit que pour vous seul. »
Wendelîn insista, proposant à Gassendi l'exemple de Platon
qui n'avait pas voulu priver ses amis do sa statue; mais, plus modeste «pie Platon, Gassendi ne se laissa pas gagner.
25 octobre îitëG
Le doyen de la Faculté des Lettre*
de FUniversiiè de l'aris,
Ferdinand liitcxoT,
VU cl PERMIS D'IMPRIMER
Le recteur de V Académie de Paris,
Paul La pu:.
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