COMÉDIENS ITALIENS SOUS FRANÇOIS I
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Parmi les poètes dramatiques du commencement du XVI* siècle, il n'en est pas de plus connu que Pierre Gringore. Ce n'est pas que ses ouvrages, dont une partie seulement a été réimprimée ', aient trouvé beaucoup de lecteurs dans le grand public ; c'est à des circonstances extérieures qu'il doit presque toute sa renommée actuelle. L'auteur de Notre-Dame de Paris lui a donné, après plus de trois siècles, un regain de popularité, en lui assignant une place dans son livre ; plus récemment Théodore de Banville Ta mis en scène dans une agréable comédie, qui est restée au répertoire du Théâtre-Français. Il y a loin, il est vrai, du Gringore de la réalité à celui que nous ont représenté Hugo et Banville ; l'un et l'autre ont usé des privilèges accordés aux poètes, pour transporter leur héros dans un temps assez éloigné de celui où il a vécu et pour lui prêter des aventures romanesques.
Deux gravures extraites d'un des ouvrages de Gringore, gravures que nous avons fait reproduire, nous fournissent l'occasion de dire quelques mots de la carrière dramatique de ce curieux auteur. Il importe de fixer tout d'abord l'époque à laquelle il a vécu.
I. MM. Charles d*HéricauIt et Anatole de Montaiglon ont publié, en 18^8, e tome !«' des Œuvres complètes de Gringore. Cette publication, interrompue pendant vingt ans, est reprise en ce moment par les soins de MM. de Montaiglon et de Rothschild.
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Nous ignorons la date exacte de la naissance de Gringore ; nous savons seulement qu'il était Normande Le plus ancien de ses ouvrages, portant une date certaine, le Chasteau de Labour , parut en 1499, mais il est probable que, depuis plusieurs années, il composait avec succès des pièces de théâtre. On verra en effet plus loin, que, dès 1501, il fut chargé par les magistrats parisiens de composer un mystère pour une entrée solennelle ; il fallait qu'il fût dès lors chef de troupe et qu'il se fût fait un nom comme « compositeur ». Il est permis de croire qu'il avait bien trente ans à cette époque ; il avait dû naître, par conséquent, vers 1470.
Le seul renseignement biographique précis que nous possédions sur Gringore a été extrait par M. Jal des registres de l'église Saint- Jean-en -Grève, à Paris. Notre poète y contracta mariage avec Catherine Roger le 30 mai 1518^; il devait alors approcher de la cinquantaine. En 1527, Gringore publia ses Notables y Enseignemens^ Adages et Proverbes ^ ainsi que la seconde édition de ses Heures. Nous ne savons plus rien de sa vie à partir de cette année.
Gringore prend sur le titre, ou à la fin de plusieurs de ses ouvrages, le surnom de « Mère Sotte •. Il suffit de renvoyer aux Folles entreprises (éd. de Pierre le Dru, à Paris, 15053), aux Abus du Monde (éd. de Rouen, s. d., mais vers 1509), aux Fan^ taisies de Mère Sotte (i 5 16) et aux Menus Propos de Mère Sotte (1521). Notre poète appartenait donc à la confrérie des t Sotz » parisiens.
I, n devait être de Çaen, comme semblent le prouver les documents réunis par l'abbé de la Rue, Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands^ III, 544-548.