CHAPITRE QUATRIEME
duité et de courage que dans les grais. Les masses se disposent bien ôt je pense que Tensemble en sera mieux que l'autre.
Je compte encore rester icy jusqu'au 20 ou 25 de ce mois pour hâter les sculpteurs.
Je suis avec respect.
Thevenin.
Intérieur de la Laiterie de la Reine a Rambouillet (1).
^'^■^s les travaux sont finis en avril. Désormais, la reine peut
V ^^*^ a remplacé sur cette photogravure la Suzanne de Bcauvallet, qui s'y trouve ^ ^'^^liui, par la Jeune fille à la chèvre ^ actuellement au Musée du Louvre.
venir dans ce riche pavillon respirer la fraîcheur et savourer la douceur du lait qu'elle a fait servir. Hélas ! ce plaisir ne dure pas longtemps! Les dernières chasses eurent lieu en juilletaoût 1788; le roi et la cour quittèrent Rambouillet pour ne plus y revenir (1).
La Révolution est commencée. Le 21 mai 1791, le roi est dépossédé et Rambouillet compris dans la liste civile. — Julien peut maintenant exposer son œuvre; nous verrons en effet La Baigneuse figurer au Salon de 1791. L'exposition terminée, le marbre est rapporté à Rambouillet et replacé sous ce rocher si bien disposé pour ce groupe.
, Après la tourmente de 1793, où périrent tant d'œuvres artistiques, la Commission temporaire des arts s'occupa de réunir soit au Musée central des arts à Paris, soit au Mugée national à Versailles, les œuvres qui avaient une valeur scientifique et artistique.
Les sculptures de la Laiterie de la reine n'attirèrent point l'attention jusqu'en 1796. A ce moment se pose la question de la vente du domaine de Rambouillet comme bien national, on se demande ce que deviendra la Laiterie. Dans la séance du 1" fructidor an IV (18 août 1796), un membre du Conseil de conservation des objets d'arts et de science « propose qu'il soit écrit au Ministre de l'intérieur pour l'inviter à faire réserver de la vente de Rambouillet, au cas où cette propriété nationale serait soumissionnée, le monument de la Laiterie dans l'intérieur de laquelle se trouvent neuf bas-reliefs en marbre et une figure de grandeur naturelle. Il observe que cette Laiterie peut être un objet de curiosité pour les voyageurs et que la sculpture fait connaître le talent distingué du citoyen Julien, sculpteur finançais, et que ce monument peut être facilement fermé par une enceinte puisqu'il n'occupe qu'un petit espace de terrain dont la distraction ne nuira en rien à la propriété du domaine de Rambouillet.
Le conseil accueille ces observations et adopte la proposition qui lui est faite d'inviter le ministre à excepter ce monument de la vente si elle a lieu.
(1) Arch. nat. F» 171 1308. — Voir aussi Réunion des sociétés des Beaux-Arts des départements^ 27« session, 1897, p. 638 et suiv. : Les Pérégrinations d'une statue, par M. Lorin.