‹ Pierre Julien, sculpteurChapitre 32 sur 66 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

médailles, statues, vases, etc. L'inveqtaire commence le 8 juillet 1814, pour se poursuivre jusqu'au 25 mars 1815.

L'article 14* est consacré aux objets d'arts et d'antiquités, statues, vases, serres; sous le n°1520, sont mentionnés : « dix bas-reliefs en marbre provenant de la laiterie de Rambouillet représentant les plaisirs et les devoirs de la campagne^ composés et sculptés par Julien, prisés quinze cents francs (1). Ces marbres avec d'autres objets d'art se trouvent placés « dans une pièce étant sous le théâtre et dite Salle des Antiques ». — « M. le chevalier Soulange et M. le baron Devaux reconnoissent que leurs commettant ont été respectivement mis en possession dès avant ce jour et dans une proportion égale à celle qui leur est attribuée par le présent partage, des biens meubles et effets mobiliers corporels dépendant de la succession de Sa Majesté, à l'exception cependant de la majeure partie des tableaux, statues, objets d'arts d'antiquité et de curiosité composant les collections et la galerie de Malmaison, lesquels derniers objets quoique partagés ont été laissés et sont encore en la garde pour le compte de chacun des co-partageants, auxquels la remise en sera faite à la première réquisition de chacune des parties. »

Le prince Eugène, duc de Leuchtenberg, a-t-il réclamé ces marbres pour sa Galerie de Munich ? La reine Hortense les a-telle fait transporter à son château d'Arenberg près de Constance? ou ont-ils disparu à la vente de la Galerie de la Malmaîson, le 24 mars 1819(2)? — L'auteur, bien informé, delà Notice sur Rambouillet (1849) prétend qu'ils ont été vendus « après la mort de l'impératrice Joséphine et achetés par les Anglais » .

A la mort du prince Eugène^ décédé à Munich, le 21 février 1824, l'estimation des objets mobiliers de Malmaison est faite par Pierre-Louis Delaunay, commissaire-priseur du département de la Seine. Le 6 septembre a lieu la prisée des objets d'art dans les différents appartements du château. A la salle des Antiques sous le Théâtre se trouvent : « huit grandes figures

(1) L'Amour et Psyché, Hébé, la Danseuse et Paris par Canova sont estimés 30,000 fr. La Pudeur par Cartelier, 8,000 fr. CypaHsse par Chandet, 8,000 fr. L'Amour par Tassaërt 600 tr,

(2) Objets d^ari anciens et modernes, meubles et ault*es diverses curiosités provenant des chAteaux et de la galerie de la M*** (Paillet expert).

grandeur nature, travail français (1,500 fr.), deux obélisques, V Amour par Tassaërt, bas-relief par Girardon, Neptune colossal par Puget.

Les marbres de Julien ne figurent pas dans cet inventaire : ils ne doivent plus se trouver à Malraaison (1). Sur les divers catalogues de la Galerie Leuchtenberg à Munich, ils ne sont pas non plus mentionnés. Le fils du prince Eugène, Maximilien, par son mariage avec la fille aînée de Nicolas I®^ entre dans la famille des Romanowski; devenu prince russe, il quitte la Bavière pour sa nouvelle patrie. Ces marbres, aujourd'hui disparus, ont-ils été transportés en Russie? — N'est-il pas plus probable qu'ils se trouvent ignorés, dans quelque collection particulière (2)?

Quant aux modèles de ces sculptures nous les voyons portés sur rinventaire après décès. Dans Tatelier de Dejoux, cour du Louvre, n** 14, se trouvaient des objets appartenant à feu M. Julien, c'étaient : « trois bas-reliefs en plâtre, sugets de Jupiter chez les Corybantes et Apollon chez Admète. » — « Trois basreliefs ronds, sujets de femmes battant le beurre, exécutés à Rambouillet », étaient placés dans le premier atelier de Julien au Louvre. Tous ces modèles durent disparaître à la vente du 19 mars 1805.

Il est regrettable que tous ces bas-reliefs restent ignorés. Des moulages, pris sur les œuvres originales, permettraient de reconstituer, à la Laiterie de Rambouillet, un ensemble très décoratif, et tout à la gloire de Julien.

(1) La propriété de Malmaison fut mise en vente vers la fin de 1827. En juin 1829, Hagerman, banquier suédois, devient acquéreur. Marie Christine, reine d'Espagne, rachète en 1842, et la céda en 1861 à Napoléon III. M. Osiris est actuellement le propriétaire de Malmaison.

(2) Au sujet de ces œuvres perdues, une note parue dans The Athenœum, et dans V Intermédiaire des curieux et des chercheurs, est restée sans résultat. Des recherches en Russie n'ont pas abouti non plus.

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