CHAPITRE SIXIÈME
représentant le temps portant un globe contenant une pendule, marchant sur des ruines, et accompagné de son génie qui lui montre un sablier, hauteur 1 m. 30, largeur m. 40. »
Cet envoi, pour ne point appartenir à la grande sculpture, ne reflète pas moins le goût du temps. Les arts que Ton a appelés jusqu'ici secondaires sont en train de se transformer. La campagne
L'Étude, par Julien (Collection do H. Cranmil, à Rucil).
d'Egypte a fait découvrir les trésors d'art deTantique civilisation des Pharaons : on s'inspire de ces œuvres anciennes qui ont contribué pour une bonne part à la formation du style empire.
Cette figure de l'Étude est en tous points fort bien réussie. Assise sur un tabouret, l'Étude appuie le bras droit sur un tombeau antique et la main gracieusement ployée retient la tête légèrement inclinée, de la main gauche elle soutient sur ses genoux un rouleau de papier où sont gravées des figures géométriques, à ses pieds un globe terrestre. Les cheveux traités en torsades laineuses sont bien la signature de Julien, et font une heureuse opposition avec le fin profil de r£*<wrfe à l'expression méditative. Les bras, les mains surtout sont traités avec une grande maîtrise. Un simple manteau aux plis artistement disposés ajoute encore du charme à cet ensemble harmonieux, traduit dans un marbre d'une blancheur et d'une transparence incomparables. Ce marbre est signé sur le socle, à la partie antérieure et à droite P. Julien f. Sur le mouvement d'horlogerie on lit : Jean-Baptiste Petit à Paris.
Ce beau marbre se trouvait dans l'atelier Julien lors de l'Inventaire. Au moment du partage de la succession, le 26 mai 1807, cette pendule fut retenue par Bereaud, un des héritiers, et vendue par lui. Actuellement elle est la propriété de M; Cramail à Rueil.
Le modèle en plâtre existe aussi, l'ensemble est le môme, avec quelques variantes dans les détails, au lieu d un globe terrestre il y a un coq, le tombeau n'a pas d'ornementation, il est simplement surmonté d'une lampe antique. Ce plâtre appartient à M. Albert Bertrand, du Puy.
Julien ne prend point part au Salon de 180L A la clôture (21 novembre 1801), il est nommé membre du jury. Cette assemblée se compose de quinze membres : six peintres, cinq sculpteurs, deux architectes, deux graveurs; les sculpteurs choisis sont : Julien, Moitte, Pajou, Dejoux et Rolland.
Comme membre de l'Institut, Julien fait souvent partie des commissions nommées pour l'examen de quelque concours. Le 17 frimaire an X (8 décembre 1801), a lieu le jugement des esquisses pour le concours de la bataille de Nazareth, Julien et Pajou, parmi les sculpteurs, représentent l'Institut. Gros qui obtient le prix devra exécuter ce tableau sur vingt-cinq pieds de proportion : Bonaparte Tempêchera.
Après la paix d'Amiens, le 25 mars 1802, a lieu un concours.