‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe, 1682 à 1717Chapitre 17 sur 75 · I. Histoire de Russie sous Pierre le Grand · texte numérisé non relu

I. Histoire de Russie sous Pierre le Grand

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avec ses alliés et haïssant mortellement l'Angleterre, n'entreprendrait plus rien contre le roi de Suède. L'Empereur voyait, en effet, avec peine les progrès de Pierre dans les Etats germaniques. A plusieurs reprises , il lui avait écrit des lettres comminatoires lui enjoignant d'évacuer l'Empire. La Prusse et le Danemark, contents de leurs dernières acquisitions, craignaient l'accroissement d'un voisin déjà trop redoutable. Aussi les anciens alliés de Pierre convinrent au Congrès tenu à Brunswick, de faire rentrer les Suédois en possession de la Finlande et de la Livonie et de ne laisser au Czar que Pétersbourg, Gronstadt et Narva . Mais c'est contre l'Angleterre que Pierre manifestait le plus vif mécontentement. En effet, ses causes de dissentiment avec Georges étaient fort nombreuses, à tel point, dit Saint-Si-

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mon « que leur inimitié allait jusqu'à Tindécence . »

En avril 1716, les Hanovriens avaient refusé d'admettre les Russes à Wismar; d'autre part, les empiétements incessants du Czar en Mecklembourg inquiétaient fort l'Angleterre qui ne cessait d'en demander l'évacuation, Bernsdorff, gentilhomme du Mecklembourg, avait pris du service en Hanovre et était parvenu à gagner la confiance de l'Electeur qui, devenu roi d'Angleterre, lui conserva toujours la même place dans sa bienveillance. 11 avait engagé le Roi à devenir le protecteur de la noblesse dans le Duché, tandis que les troupes russes employaient, au contraire, la violence pour la soumettre au Duc. Bernsdorff, nommé premier ministre de Hanovre, ne conserva aucune reconnaissance des grands ménagements dont les Russes

avaient toujours usé à l'égard des propriétés qui lui appartenaient. Il ne se servit de la faveur dont il jouissait auprès de Georges que pour l'indisposer de plus en plus contre le Gzar. Aussi, lorsque le Roi se rendit en Hanovre au mois de juillet 1716, le prince de Rurakin, ambassadeur de Russie à La Haye, envoyé, sur Tordre de son souverain, à Maeslandsfluys pour le voir et négocier avec lui un traité de commerce, ne put obtenir d'audience. Cet affront blessa profondément Pierre le Grand.

(( Un mémoire en français communiqué par Robert Walpole à M. de Morville en date du 28 mai 1724, porte d'ailleurs que le Roi d'Angleterre, d'abord allié du Gzar, avait reconnu, après le siège de Wismar en 17 16, où celui-ci aurait voulu entrer seul, qu'il ne songeait qu'à se « nicher » en Allemagne. Alors le Roi demanda que

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les troupes russes sortissent de TEmpire' ».

J']n outre, Georges n'était pas sans redouter les avances que le Czar ne cessait de faire au duc d'Orléans. Si, en effet, elles aboutissaient à la conclusion d'une entente, c'en serait fait de l'alliance anglaise et la dynastie de Hanovre pourrait en être profondément ébranlée.

Enfin, l'Angleterre était irritée de ce que Pierre avait constamment refusé, dans les négociations ouvertes à Londres en 1716, d'accorder aux Anglais la liberté de commercer à Astrakhan et à Kazan, en vertu d'anciens privilèges.

Sur ces entrefaites, il partit pour la Hollande (décembre 1716). Gœrtz s'y rend pour traiter avec lui. 11 le vit deux fois

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