‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe, 1682 à 1717Chapitre 21 sur 75 · I:T le IMîEMlKlt THAITK F HANCO-HL SSE · texte numérisé non relu

I:T le IMîEMlKlt THAITK F HANCO-HL SSE

leur à leurs malicieuses insinuations, ont eu Taudace de faire mention dans leurs lettres que le sieur Areskine, médecin de Sa Majesté Gzaricnne, avait tenu correspondance avec le comte de Marr et lui avait insinué que Sa Majesté Czarienne connaissait la juste cause du prétendant et qu'elle ne souhaitait rien de plus qu'une conjoncture pour le rétablir dans ses Etats, avec d'autres expressions odieuses. Quoique Sa Majesté Czarienne, considérant la bonne conduite que son susdit médecin a toujours tenue pendant l'espace de treize ans qu'il a été au service de Sa Majesté, ne saurait croire qu'il se soit oublié à un tel point que d'entrer, sans aucun ordre, dans une correspondance si criminelle, d'autant plus que Sa Majesté ne le fait entrer dans aucun de ses conseils ou affaires d'Etat, mais l'emploie uniquement à ce qui regarde sa

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profession, Sa Majesté peut encore moins croire C£ii'il ait eu Taudace d'abuser de son nom dans une affaire de cette nature et de lui imputer des choses si indignes, au péril de ses biens et de sa vie ; car, dès le moment que Sa Majesté Czarienne fut informée que quelques-uns des parents dudit médecin s'étaient trouvés engagés dans la dernière rébellion contre Votre Majesté, Elle lui défendit d'abord d'avoir aucune correspondance avec eux, non seulement sur des affaires intéressantes, mais même domestiques. Cependant Sa Majesté Czarienne n'a pas manqué de l'interroger sur ce sujet, avec un zèle empressé, dès qu'EUe en eut reçu la nouvelle; mais il a protesté d'être tout à fait innocent de toute cette trame, d'autant plus qu il navait jamais reçu ordre de Sa Majesté Czarienne d entrer dans ces sortes d'affaires ou d'entrete-

iiii* une correspondance si dangereuse qui tendrait au grand préjudice de Sa Majesté et à l'interruption de la bonne harmonie qui règne entre Sa Majesté Gzarienne et Votre Majesté, et il a ensuite déclaré sous serment et au péril de sa vie de n'avoir jamais écrit de ces sortes de lettres, ni au comte de Marr, ni à qui que ce soit, et il se tient assuré que personne ne pourra le convaincre là-dessus et qu'on ne trouvera nulle part aucune de ces lettres de cette nature-là ; et, en cas que cela soit, il se soumet volontiers à la punition la plus rigoureuse. Au reste, cette affaire est d'une telle nature que quiconque voudra, sans prévention, y faire réflexion, reconnaîtra aisément et verra clairement l'artifice et la fausseté qu'elle renferme, car il paraît évident, par la conduite passée de Sa Majesté Gzarienne et par les preuves réitérées qu'elle a données dans

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toutes les occasions de ses bonnes intentions pour les intérêts de Votre Majesté et de toute la famille Royale, tant dès le premier établissement de l'amitié entre Sa Majesté Czarienne et Votre Majesté, lors même que Votre Majesté n'était qu'électeur deTEmpire, que depuis Tlieureux avènement de Votre Majesté au trône britannique, tout cela, dis-je, démontre combien Sa Majesté Czaricnnc est éloignée des sentiments que ses ennemis ont eu l'audace de lui imputer dans leurs susdites lettres, d'une manière si fausse et si injurieuse. Votre Majesté pourra fort bien se souvenir, de même que toute l'Europe, de la joie avec laquelle Sa Majesté Gzarienne apprit Télévation de Votre Majesté au trône de Grande-Bretagne, et des avantages qu'elle a fait proposer à Votre Majesté par ses ministres pour une plus étroite liaison avec ^'otre Majesté et, outre

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cela, rapplication avec laquelle Sa Majesté Gzarienne a toujours tâché de seconder ramitic de Votre Majesté, fait assez voir les égards qu'elle a pour elle et, qu'Elle n'a jamais fait et qu'elle ne fera aucune démarche qui puisse donner lieu à un chano-ement ou refroidissement. Ainsi il est aisé

devoir que Sa Majesté Gzarienne n'a jamais pu avoir la pensée de favoriser le prétendant, ni d'entrer avec lui, directement ou indirectement, dans aucune mesure au préjudice de Votre Majesté, et beaucoup moins de favoriser le dessein du roi de Suède, son principal et particulier ennemi, d'élever le prétendant au trône anglais. Un tel dessein serait-il conforme aux intérêts de Sa Majesté Gzarienne? et n'en aurait-elle pas, au contraire, aisément compris les suites préjudiciables, puisque, si ledit prétendant parvenait à cette couronne, il ne

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manquerait pas par reconnaissance d'assister le roi de Suède contre Sa Majesté Gzarienne; Sa Majesté a déjà fait voir combien Elle est éloignée de tout ceci, lorsque, non seulement l'année dernière elle s'offrit de garantir la succession de la Couronne de la Grande-Bretagne, dans la maison de Hanovre, comme elle est à présent établie, mais aussi à la fm de ladite année et au commencement de la présente. Elle offrit aussi d'entrer en traité avec Votre Majesté sur le môme pied et après avoir ordonné expressément à ses ministres tant à Hanovre qu'à La Haye de poursuivre cette négociation.

« Et il n'a pas tenu à Sa Majesté Gzarienne que la dite négociation n'ait été conduite à une heureuse fin : quoique Sa Majesté Gzarienne ait depuis quelque temps remarqué plusieurs démarches contraires que les

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ministres de Votre Majesté ont faites dans plusieurs Cours étrangères, en particulier à la Cour de Sa Majesté Impériale, de même qu'à celle de leurs Majestés les rois de Danemark et de Prusse, comme aussi à la Diète de Ratisbonne, sans qu'Elleait donné aucun sujet à cela, et que Sa Majesté Czarienne a eu même des raisons assez suffisantes pour prendre des précautions, et de pourvoir à sa sûreté particulière, sur les bruits qui s'étaient répandus, et sur les avis qu'Elle avait reçus de plusieurs endroits, que Votre Majesté traitait d'une paix particulière avec la Suède, en lui promettant même une assistance contre Sa Majesté Czarienne moyennant la cession du duché de Bremen, comme cela paraît même assez clair par les lettres des ministres suédois qui ont été publiées ; et peut-être que ce bruit-là n'était pas alors sans fondement. Mais, quoi

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qu'il en soit, cela n'a fait aucune impression sur Tesprit de Sa Majesté, et ne lui a fait naître aucune pensée pour une paix particulière ; au contraire. Sa Majesté Czai-ienne a, non seulement fait communiquer fidèlement à ^'otre Majesté et à ses alliés, tout ce qui lui a été proposé de quelque part que ce soit ; mais elle a même tâché depuis peu, en envoyant son conseiller privé, le sieur Tolstoy, vers Votre Majesté, d'ôter tout sujet de méfiance, auquel, peut-être, quelques insinuations mal fondées avaient donné lieu, de rétablir l'ancienne bonne harmonie, et de concerter en môme temps avec Votre Majesté des mesures nécessaires pour continuer vigoureusement la guerre contre fennemi commun, et pour procurer une paix sûre et avantageuse à tous les alliés du Nord en général, et de conclure un traité formel, ou un concert là-dessus, à

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quoi Sa Majesté Czariennc a montré toutes les dispositions imaginables ; mais, comme la dite négociation a été rompue contre toute attente, et pour des raisons de peu d'importance de la part de Votre Majesté, et que même l'accès auprès de votre personne a été refusé aux ministres de Sa Majesté Gzarienne, Elle aurait bien eu plus grande raison d'ajouter foi aux insinuations qui lui ont été faites, et de prendre ses mesures là-dessus ; mais Sa Majesté Gzarienne a vu tout cela avec beaucoup de patience, de même que les autres démarches qui ont été faites à son préjudice, contre l'amitié et l'alliance, tant à Copenhague que dans l'Empire ; lesquelles démarches n'étaient pas fort éloignées d'une rupture ouverte. Nonobstant tout cela, Sa Majesté Gzarienne offre de rétablir une bonne amitié avec VotreMajesté; et comme Votre Majesté,

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de même que ses ministres, savent très bien la A-érité de tout ce qui est marqué ci-dessus, et que d'autre côté il est certain, comme cliacun peut aisément se l'imaginer, que toutes ces malicieuses insinuations ont été répandues, et peut-être écrites parTennemi, selon toutes les apparences, dans la vue d'encourager la faction anglaise qui est entrée dans leurs pernicieux desseins, et de faire naître par ces bruits une plus grande méfiance entre Sa Majesté Czarienne et Notre Majesté ; il est évident que cet ennemi si opiniâtre, dans l'état faible où il est, risque tout et ne cherche qu'à désunir les alliés du Nord, par ses intrigues et par ses insinuations artificieuses, et veut profiter de la désunion qu'il tâche de mettre entre eux, s'il lui était possible, pour rétablir par là, en quelque manière, ses affaires délabrées. Ainsi Sa Majesté Czarienno n'a pu qu'être

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