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fort sensible et surprise, de ce que Votre Majesté a (ait ini])rimei' et publier, clans les susdites lettres des ministres de Suède, les malicieuses insinuations de ses ennemis, lesquelles blessent Thonneur et la réputation de Sa Majesté Gzarienne, sans lui en avoir préalablement fait paît, ou lui avoii' demandé des éclaircissements làdessus , comme cela se devait pourtant faire en vertu de la bonne intelligence établie entre Sa Majesté Gzarienne et Votre Majesté, et suivant les devoirs d'un allié. Sa Majesté Gzarienne n'a pu présumer autre chose, sinon que quelques personnes mal intentionnées ont voulu se prévaloir de cette occasion pour rendre Sa Majesté Gzarienne et sa conduite odieuses, tant auprès de Votre Majesté , que des autres puissances, d'interrompre la bonne liarmonie qui a subsisté jusqu'à présent, au mutuel
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avantage des deux nations russienne et britannique et d'empêcher que ces dites deux nations ne s'unissent par des liens plus étroits, auxquels Sa Majesté Czarienne est prête de donner les mains. Mais, afin d'ôter toutes les sinistres impressions que ces malicieuses insinuations pourraient avoir faites sur Tesprit de Votre Majesté et de toute la Terre, afin de montrer combien Sa Majesté Czarienne est éloignée d'avoir eu part dans l'horrible attentat de ses ennemis. Sa Majesté a très gracieusement ordonné au soussigné secrétaire d'ambassade de protester solennellement en son nom contre toutes ces fausses insinuations, ainsi qu'illefait, d'unemanière très expresse, par ce présent mémoire, déclarant, de la part de Sa Majesté Czarienne, que Sa Majesté se garde des fausses insinuations répandues par l'ennemi, comme des calom-
nies véritablement indignes et ignomineiises, ainsi qu'en effet Elle s'en réserve le ressentiment contre leurs auteurs. Au reste , Sa Majesté Gzarienne serait bien aise, si, contre toute attente, on pouvait découvrir quelque chose par où Ton pût convaincre son médecin Areskine d'avoir entretenu une correspondance si injurieuse et préjudiciable à Sa Majesté Gzarienne, que tout cela lui fut communiqué afin, qu'Elle pût faire voir clairement à tout le Monde, par le ressentiment qu'Elle en marquerait, que Sa Majesté Gzarienne n'a jamais donné des ordres sur ce sujet; ni même eu la pensée de prendre aucune part à un attentat si indigne et si détestable,
« Le soussigné secrétaire d'ambassade a l'honneur, au nom de Sa Majesté Gzarienne, son Maître, d'assurer Votre Majesté, de la
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manière la plus forte, que comme Sa Majesté n'a jamais eu d'autre intention que de continuer la bonne intelligence et lamitié avec Votre Majesté par tous les soins imaginables, et de la cultiver de plus en plus ; aussi Sa Majesté Czarienne persistera toujours dans ces mêmes sentiments, étant prête, dans la conjoncture présente, d'entrer avec Votre Majesté, comme roi delà Grande-Bretagne, dans toutes les liaisons nécessaires et convenables au bien et à la sûreté des deux puissances ; et pour témoigner les égards c[ue Sa Majesté Czarienne a pour la personne de Votre Majesté, et la considération qu'Elle a pour la nation britannique, qui depuis un temps immémorial a entretenu avec ses prédécesseurs une bonne correspondance, amitié et commerce; pour en donner de nouvelles preuves, Sa Majesté Czarienne est portée à lui accorder des
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avantages pour le commerce et à d'autres égards, tels qu'on peut raisonnablement souhaiter d'un bon allié et ami ; et Sa Majesté Czarienne veut contribuer, par tout ce qui dépend d'l']lle, à mettre enfin à la raison, et ])ortei" à une paix ferme et durable le roi de Suède, cet ennemi commun, si implacable et si dangereux, et à établir la liberté et la sûreté du commerce à l'avantage des deux nations.
« Le soussio'né secrétaire d'ambassade a
ordre de demander un éclaircissement, et la résolution de Votre Majesté sur le contenu de ce présent mémoire, et il espère que, par les démarches si sincères de Sa Majesté Czarienne, non seulement Votre Majesté, mais toute la Terre, sera convaincue de la sincérité de ses intentions et de sa conduite irréprochable, et que toutes les insinuations artificieuses que Ion a répan-
dues contre Sa Majesté Czarienne seront dissipées et confondues. »
« Fait à Londres, le la/aS mars 1717.
« F. Wesselowsky. »
Stanlîope adressa à Wesselowsky la réponse suivante :
(( Sa Majesté a ordonné qu'on répondît au mémoire qui lui a été délivré de la part de Sa Majesté Czarienne, que les assurances qu'il contient de la manière obligeante dont le Czar veut bien s'intéresser à la découverte de la conspiration des ministres suédois, et la disposition où il est de vivre avec Sa Majesté dans la même amitié et confiance que par le passé, lui ont été très agréables. Le Roi souhaite que Monsieur Wesselowski en fasse de sa part des remerciements à Sa Majesté Czarienne, en l'assurant que, de son côté, il est prêt d'y répondre
d'une manière dont Elle aura lieu d'être satisfaite.
« Le Roi n'a point oublié les bons sentiments que le Czar a fait paraître pour lui avant et depuis son avènement à la couronne de la Grande-Bretagne, mais, comme rien n'est plus capable de donner atteinte à cette bonne intelligence que le séjour des troupes russiennes dans TEmpire, Sa Majesté demeure d'accord qu'elle a fait agir à la Cour Impériale, et auprès des rois de Dannemarket de Prusse pour qu'ils concourussent avec Elle à persuader Sa Majesté Czarienne de retirer ses troupes. Les représentations qu'elle a fait faire à ces Courslà n'ont point été secrètes et n'ont été en rien différentes de celles que Sa Majesté a fait faire directement au Czar lui-même. Elle y a été indispensablement obligée par ses liaisons avec Sa Majesté Impériale,
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par le rang qirj{llle tient, tant dans TEmpire que clans le cercle de la Basse-Saxe, et par le grand intérêt qu'elle doit prendre au repos de son voisinage. Elle y a été portée de même par la considération du préjudice que le séjour des troupes russiennes dans TEmpire attire à toute la Ligue du Nord, et à Sa Majesté Czarienne en particulier; et enfin par le désir sincère qu'r]llea de lever l'obstacle qui détruit toute harmonie et concert entre les Alliés du Nord et qui s'oppose à cette parfaite intelligence entre Elle et Sa Majesté Czarienne si utile au public. Sa Majesté veut donc espérer, que le Czar y fera attention, et que, par la ])rompte retraite de ses troupes, il mettra les choses sur un tel pied, qu'on puisse rester toujours dans une ])onne union, étant visible que le séjour des troupes russiennes dans l'Empire est directement opposé à toute liaison et à
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tout concert entre Sa Majesté et le Czar, et que, comme ce séjour marque tout autre dessein que celui de vouloir agir contre la Suède, il ne peut que persuader au monde, qu'on laisse les troupes russiennes où elles sont dans des vues tort différentes de celles qu'ont les alliés tie Sa Majesté C/.ariennc, ce qui cause une défiance et un ombrage qui ne peuvent être dissipés que par la retraite des dites troupes.
« Au reste, le Roi est fort éloigné d'avoir le moindre soupçon que Sa Majesté Gzarienne soit entrée dans aucun engagement en faveur du prétendant, ni qu'Klle ait eu part aux intrigues des ministres suédois ; et, pour ce qui regarde le médecin Areskine, Sa Majesté Gzarienne pourra facilement comprendre qu'il n'était pas possible de supprimer dans les lettres imprimées les endroits qui le regardent, le lloi ayant eu de
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fortes raisons de communiquer ces lettres à son Parlement telles qu'on les a trouvées, ce qui est cause qu'on y a laissé les réflexions odieuses qu'elles contiennent contre quelques-uns de nos propres ministres. Sa Majesté a assez fait paraître dans cette occasion ses égards pour le Czar, puisqu'elle ne lui a fait faire aucune plainte contre le dit médecin, quoi qu'il v eût de si forts indices contre lui, ce qui fait connaître que Sa Majesté verra sans aucune peine que le Czar laisse tomber dans l'ouhli l'affaire de ce médecin.
« C'aurait été une Qrande satisfaction pour le Roi d'avoir eu une entrevue avec le Czar, à son passage en Hollande ; mais l'indisposition de Sa Majesté Czarienne ne l'ayant pas permis, le Roi aurait vu et écouté avec plaisir Messieurs Rurakin et Tolstoy, s'ils n'étaient arrivés à Vlaerdigen
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dans le moment que Sa Majesté allait s'embarquer, et Elle ne pouvait pas retarder son départ par la nécessité où Elle était de se servir de la marée.
« Sa Majesté n'a point à se reprocher d'avoir fait la moindre démarche pour une paix particulière avec la Suède ; si le bruit en a couru, ce n'a été que par l'artifice des ministres suédois, comme il paraît clairement par la lettre du comte de Gyllemborg au baron de Gœrtz du 29 décembre 1716, dans laquelle il avoue, sans détour, avoir chargé le gentilhomme qu'il envo^^ait à la Cour du Gzar, d'y insinuer que le roi Georges faisait toutes les offres du monde pour avoir la paix du roi de Suède aux dépens du Czar, qui en ferait le sacrifice.
C( A l'égard de ce que le comte de Gyllemborg avance dans quelques-unes de ses lettres touchant la négociation d'une paix
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particulière entre Sa Majesté Czarienne et le roi de Suède, il n'est pas croyable, comme le mémoire semble l'insinuer, que ce comte Tait avancé dans la vue de brouiller Sa Majesté Czarienne avec le Roi, puisque très certainement le dit comte n'a pas écrit ces lettres-là dans le dessein qu'elles fussent lues d'aucun autre que du baron de Gœrtz. Enfin Sa Majesté a toujours été et est encore bien persuadée cju'un Prince aussi éclairé que le Gzar n'était point capable de se laisser éblouir par les artifices de ce baron, ni par les propositions c[u'il aurait pu faire d'une paix séparée. Une telle paix aurait été si préjudiciable aux intérêts du Czar, et il a toujours donné tant de marques de sa fermeté dans la Ligue du ?Vord, que le Roi n'a jamais été à cet égard dans aucune inquiétude, et aussi n'a-t-il pas fait témoigner au Czar qu'il en eût le moindre soupçon.
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« A l'égard des offres contenus dans le niémoiie par l'apport aux alliances (pie Sa Majesté Czarienne pourrait (aireavec le lloi, elles seront toujours agréablement reçues et le Uoi y répondra dune manière dont Sa Majesté Czarienne aura lieu d'être contente pourvu que l'obstacle du séjour des troupes russiennes dans rEmi)ire soit levé ^ »
« l'"ail à l.omires le uo/io inai's 1717.
Malgré la correction apparente de ces lettres d'une diplomatie tout ondoyante, on peut juger de la méfiance qui présidait aux rapports de Georges et de Pierre dont les relations devaient se ressentir pendant longtemps des derniers événements.
On comprend, dans de pareilles condi-