‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe, 1682 à 1717Chapitre 28 sur 75 · I. Wicseucr. Le Réi^ent. /.'ahhc Dubois et les Anglais · texte numérisé non relu

I. Wicseucr. Le Réi^ent. /.'ahhc Dubois et les Anglais

i6() PlERllL LE GRAND

« Il est fort probable, dit Hambaiid', que M. de Gliàteauneuf n'eut pas assez d'habileté pour ne pas laisser pénétrer qu'il eût l'intention de tirer la négociation en longueur. Ce qu'il y a de certain, c'est que le Czar s'impatienta et que, dès le commencement d'avril, ainsi qu'il résulte d'un échange de lettres intervenu à cette époque entre le Roi et Gliàteauneuf, il manifesta l'intention d'aller à Paris afin de négocier directement avec le Régent ».

Ces lettres infirment les indications contenues dans celles que le marquis de Prié, gouverneur intérimaire des Pays-Bas autrichiens, adressait le h) avril 171 7 au prince de Gardona et le 7 mai à l'Archevêque de Valence , d'après lesquelles le Gzar n'aurait pas eu primitivement le dessein

I. Rambaiul. Recueil des instruclions données aux ambassadeurs.

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d'aller à l^aris eL ne s'y serait décidé qu'au cours de son voyage à Dunkerque^ Tous les documents publiés depuis lors sont en contradiction formelle avec cette assertion.

Le Régent manifestait peu d'enthousiasme pour la visite du Czar qui l'ennuyait fort. Mais, après le refus opposé en 1697 et en 1713 aux premières ouvertures faites par Pierre à ce sujet, il n'était plus possible de se dérober maintenant à sa demande à laquelle la France était d'ailleurs gravement intéressée. 11 fallait donc s'y résigner, surtout au lendemain des pourparlers engagés à La Haye.

Louville écrivait à Saint-Aignan, le 18 avril 171 7 : « On attend le Czar à Paris. L'Angleterre prend ombrage de ce voyage secret.

I. Gachard. Voyages de Pierre le Grand aux Pays- Bas autrichiens. Bruxelles, 1878.

\6j. PIERRE LE GRAND

Elle dit qu'il est lié avec la Suède contre la maison de Hanovre \ »

Et Saint-Simon disait : « Il n'y eut pas moyen de n'en pas paraître fort aise, quoique le Régent s'en fût bien volontiers passé. La dépense était grande à défrayer le Czar, l'embarras pas moins grand, avec un si puissant Prince et si clairvoyant, mais plein de fantaisies, avec un reste de mœurs barbares. »

On attendait donc en Europe avec la plus vive curiosité le développement qu'allaient prendre à Paris les événements.

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