I. Sclîuyler. Histoire de Pierre le Grand
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tot^ nous cji donne la relation suivante : « Le 12 du même mois, jour de l'audience, le maréchal d'Estrées, accompagné de Tintroducteur des ambassadeurs et du sieur Stolf, gentilhomme ordinaire de la Maison du Roi, les ammenèrcnt dans les carrosses du lioi et de Madame la Dauphinc à Versailles. Ils trouvèrent les gardes françaises et suisses sous les armes dans Tavantcour, les gardes de la porte et ceux du grand prévost en haye dans la cour du château, les cent suisses sur le grand escalier au bas duquel le marquis de Blainville, grand maître des cérémonies et le sieur de Sainctot, maître des cérémonies, les reçurent ; les gardes du Corps étaient aussi sous les armes, rangés en haye dans leur sale; le maréchal duc de Luxembourg, capi-
I. Bibliolliùquo de l'Arsenal. Mciitoircs de Saiutot (2 vo lûmes].
taine des gardes du Corps en quartier les receut à la porte. Ils furent conduits à la chambre d'audience ; en voyant le Roy assis, ils le saluèrent respectueusement ; ensuite le premier ambassadeur parla en sa langue au Roy et les deux autres ambassadeurs parlèrent aussy F un après l'autre ; leurs discours étant expliqués au Roi par un interprète.
« Leurs complimens finis, ils présentèrent leurs lettres de créance à Sa Majesté, et firent apporter par un grand nombre de gens de leur suite les présens que les Gzars luy avaient envoyés, consistant en plusieurs étoffes et riches fourrures ; au retour de faudience, ils furent traités magnifiquement par les officiers du Roy et ramenés à Paris.
« Le 4 septemjjre, ils eurent leur audience de congé, où ils furent conduits avec les
mêmes cérémonies ; le Hoy les reçut assis, se découvrit en les voyant entrer, et lorsqu'il donna la lettre qu'il écrivait aux Gzars, il se leva et se découvrit et s'assit aussitôt. Les ambassadeurs en prenant congé du Roy demandèrent à baiser les mains de Sa Majesté, ce qu'il leur accorda; les trois ambassadeurs eurent des présens du Koi. »
Les ambassadeurs, goûtant de jour en jour davantage les charmes d'une capitale pleine d'attraits pour eux plus peutêtre que pour tous autres, se refusèrent à la quitter au jour primitivement fixé. Après mille tergiversations, ils partent pourtant le 19 septembre et arrivent peu après au Havre. Là, Torlf leur remit une lettre par laquelle il déclarait, qu'à Tavenir, les Gzars devraient assumer eux-mêmes les frais des missions qu'ils enverraient en France.
A peine parvenus à Moscou, Dolgorovky
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et Mysliisky altérèrent étrangement la vérité sur leur réception à Paris. Il en résulta entre les deux cours une tension réelle qui prit de telles proportions que le Roi tint à envoyer en Pologne et en Allemagne une relation exacte des faits.
Pendant les conférences de Saint-Denis, les messagers impériaux avaient annoncé que le Czar venait de former avec la Pologne une importante ligue contre les Turcs, et ils demandèrent au Roi d'y entrer (( pour la gloire du Christianisme », Groissy répondit que Sa Majesté avait vu avec plaisir la conclusion de cette alliance, mais que, les projets du Roi étant de faire la guerre à l'Empereur d'Allemagne, il n'avait aucune raison de porter également ses armes en Turquie, d'autant plus que les Capitulations venaient d'être renouvelées. D'ailleurs cette guerre, très coûteuse, eût
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ruiné, en Orient, le commerce français. En réalité, la campagne contre les Turcs et l'intervention de la Russie et de la Poloo'ne
en faveur de l'Autriche dérangeaient singulièrement les plans de Louis XIV.
Les envoyés russes ayant alors exprimé l'espoir que le Roi ne troublerait pas les projets de leur maître contre les Turcs, Groissy le promit, sur quoi ils exposèrent le profit important que trouverait la France à étendre, par Arcliangel, son commerce avec la Russie et l'intérêt que présenterait pour elle l'envoi de missions spéciales en vue de traiter ces questions \
Les délégués moscovites laissèrent une impression fâcheuse à la Cour de France par suite de leur extrême âpreté à débattre leurs intérêts. Mais ce qui accentua encore