‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe (1682 à 1717) Préf. du Baron de CourcelChapitre 19 sur 75 · I. L'ahhé Dubois, par le comte de Seilhac. Paris, i · texte numérisé non relu

I. L'ahhé Dubois, par le comte de Seilhac. Paris, i

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teur Palatin ; F Au triche et la Hollande n'étaient pas encore parvenues à s'entendre sur les clauses relatives à la formation en Belgique d'une «. barrière » destinée à assurer aux Hollandais une entière sécurité. D'autre part, ceux-ci se refusaient à évacuer Bonn et maintenaient leurs prétentions sur certains territoires austro-belges qu'ils avaient le droit d'inonder. Le marquis de Ghâteauneuf, ambassadeur de France en Hollande, auquel Dubois s'était joint à la fin de l'année 1716, mena les négociations avec une grande habileté. Et pourtant, le 29 décembre, les Provinces-Unies hésitaient encore, comme en témoigne la lettre suivante de Dubois au Régent : « Nous avons vu le grand pensionnaire et nous lui avons exprimé la juste indignation de Son Altesse Royale sur les délais de la signature ; nous lui avons reproché la mauvaise foi de la

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conduite que les Etats Généraux ont tenue avec nous, dont nous lui avons exposé les circonstances et les preuves; nous lui avons fait remarquer que cette iniquité tombait sur lui et nous lui avons signifié les ordres que nous avions de demander un terme fixe pour la signature du traité et dVn informer Son Altesse Royale par un courrier exprès, »

Finalement, le 4 janvier 1717, les Hollandais signèrent.

Le maréchal dlluxelles n'avait eu connaissance qu'au dernier moment de la teneur général du traité. 11 refusa d'abord énergiquement d'y apposer sa signature. Cet accord soulevait d'ailleurs dans le public de très vives critiques. On blâmait ouvertement l'abandon du prétendant que l'on considérait comme un acte de complaisance servile. La démolition de ^lardick

était regardée comme une grave atteinte à riionneur de la nation, et on trouvait que, dans Tétat actuel d'instabilité de l'Angleterre, elle n'était pas en droit d'imposer des conditions si particulièrement dures. On reprochait surtout au Régent de tout sacrifier à son ambition personnelle et à celle de Dubois. « Le marquis d'Effiat que le Régent envoya au maréchal d'iluxelles rapporta pour toute réponse que le maréchal se laisserait plutôt couper la main que de signer. Le Régent fît dire à M. d'Huxelles par le duc d'Antin qu'il eût à signer ou à quitter sa place. A cette alternative, le maréchal signa sans mot dire ^ »

L'Espagne avait, dès le mois d'avril 1716, été tenue au courant des négociations par le duc de Saint-Aignan, notre ambassadeur

I Flassaii. Histoire de la Diplomatie française.

à Madrid, mais Philippe V répondit avec un dédain marqué aux ouvertures qui lui furent faites en vue de lui demander de s'associer à Talliance franco-anglaise.

C'est à peine s'il dissimulait ses prétendus droits à la couronne de France, déclarant ne plus reconnaître les stipulations du traité dX treclit. Le marquis de Louville, personnellement lié avec le roi d Espagne au service duquel il avait été pendant quelque temps, avait reçu du Régent Tordre de se rendre auprès de lui en mission extraordinaire pour tâcher de le ramener à de meilleurs sentiments ; mais, le jour même de son arrivée à Madrid, le 24 septembre 17 16, le roi lui avait enjoint de repartir pour la France, sans même lui accorder d'audience. Pendant ce temps Philippe favorisait ouvertement le prétendant en lui faisant passer des subsides

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et des secours. Dès la conclusion du traité du 4 janvier, le prince de Gellamare, ambassadeur d'Espagne à Paris, en avait reçu une copie qu'il communiqua à Philippe V, mais celui-ci affecta de ne rien répondre quand, dans une audience spéciale, Saint-Aignan lui fit observer c[u'aucune clause de cet acte n'était de nature à porter ombrage à l'Espagne. Elle se détachait donc visiblement de nous et ne cachait plus, dès cette époque, ses visées hostiles.

Le Régent comprenait l'isolement où se trouvait alors la France et l'avantage qu'il pourrait avoir à se concilier les sympathies de la Prusse, Etat encore faible, il est vrai, mais dont l'ambition grandissante, servie par un souverain d'une réelle valeur, Frédéric-Guillaume V"% présageait la réalisation de grands desseins. Le 14 septembre 17 16,

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Philippe avait signé avec celui-ci un traité secret, limité à dix ans, et par lequel il lui garantissait la possession de Stettin, qu'il avait obtenue en lyia en vertu d'une convention avec les Suédois.

« Ce rapprochement intime avec la Prusse annonçait un changement dans le système français à l'égard de l'Allemagne et du Nord de l'Europe, notamment la Suède, pour le salut de laquelle la France ne paraissait pas vouloir compromettre le repos d'une minorité ^ ». En retour, le roi Frédéric- Guillaume s'engageait à garantir les traités d'Utrecht et à faire tous ses efforts pour empêcher l'Empire de se déclarer contre la France. Il se réservait seulement, en cas de déclaration de guerre, les devoirs de Prince de l'Empire, encore dépendant de la maison

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