‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe (1682 à 1717) Préf. du Baron de CourcelChapitre 26 sur 75 · I. Dubois. Pierre le Grand · texte numérisé non relu

I. Dubois. Pierre le Grand

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(( On peut voir par la lecture du Mémoire qui m'a esté envoyé par un des plus considérables officiers de Tarmée du Gzar' et de ceux c[ui aprochent le plus près de sa personne cjue les gens sensés de la Cour de ce prince sont persuadez qu'il est de son interest de s'unir avec la France.

« Tout ce qui m'est revenu d'ailleurs des sentiments du Czar ne me laisse aucun lieu de douter cju'il ne joigne à la vénération qu'il a pour le Roy un grand désir de s'unir avec lui.

(( Sur ce fondement, on peut compter c^u'il ne dépend c[ue de nous de faire cette union. Il s'agit donc d'examiner si elle convient à nos intérêts, mais auparavant d'entrer dans cet examen, je crois qu'il est bon de détruire l'opinion où l'on pourroit estre cju'une liai-

i Archwes Nationales, K i352, p. 65.

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sion avec le Czar porteroit quelque préjudice à celle qu'on a toujours conservée avec la Suède et que la France doit préférer Talliance avec cette couronne à toutes celles qu'elle pourroit faire d'un autre costé.

« Pour ce qui est du premier point, il est évident qu'on pourroit tourner de manière les engagemens qu'on prendroit avec le Czar, que le Ro}* de Suède n'auroit pas lieu de s'en plaindre quand mesme par sa conduite a nostre égard ; il pretendoit estre en droit de s'en formaliser, mais bien loin que le Roy de Suède ait lieu de nous faire aucun reproche de ce que nous ferions làdessus, il nous a donné l'exemple, ayant donné pendant tout le cours de cette guerre la préférence aux alliés et s'etant conduit de manière dans son expédition de Pologne et dans son entrée en Saxe que, pouvant terminer tout d'un coup les affaires de Po-

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logne en faisant revivre Telection de M. le prince de Gonti, sous les ordres ducjuel tous les Polonois lui offroient de se réunir, il s'est privé de cet avantage par la seule raison qu'il craignoit, s'il en profitoit, de donner de l'ombrage aux alliés. De même, c[uand il est entré en Saxe, il a mis sa principale attention a oster aux alliés l'inquiétude que cette entreprise leur donnoit, non parce cju'il craignoit c|uelque opposition de leur part, mais simplement pour ne pas les détourner de l'exécution de leurs desseins contre la France. Il y auroit donc de l'injustice au Uoy de Suède, après de pareils ménagements pour nos ennemis, de trouver à redire de ceux que nous aurions pour les siens.

(( Pour ce qui est de l'utilité que nous avons tiré de la Suède, si on l'examine avec attention, on verra c|u'elle n'a esté pour

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ainsi dire que personnelle et que, depuis Gustave-Adolphe et la reine Gristine, Tamitié de cette couronne ne nous a esté d'aucune utilité. Charles-Gustave, au lieu de suivre les projets de son prédécesseur, négligea rAUemagne dont il étoit pour ainsi dire le maistre et s'attacha sous des prétextes très injustes à la Pologne et au Danemark. 11 succomba dans la première de ses entreprises, qui n'eut d'autres suittes pour nous que l'embarras d'une garantie dont nous nous chargeâmes sans considérer que nous ne serions jamais en estât de la remplir quand le cas arriveroit. Et, en effet, ce cas étant arrivé par l'entreprise du roy Auguste sur Riga, il ne nous est revenu, des soins que nous avons pris pour la conclusion de la paix d'Oliva, que le mécontentement que nous avons donné au Roy son petit-fîls, en ne remplissant pas les engage-

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mens que nous avions pris avec trop peu de réflexion. Pour ce qui est de la guerre de Danemark et de la paix de Sunden qui la termina, nous avons, a la vérité, évité cet inconvénient, mais nous sommes tombés peutestre dans un plus grand, puisc|u'étant de notre interest de diminuer, autant que nous le pouvions, le commerce des Anglois et des Hollandois dans la mer Baltique, ce qui ne se peut mieux faire que lorsque Tun des deux rois du Nord sera tranquille possesseur des deux costés du Sund, nous avons contribué a partager les bords de ce détroit entre la Suède et le Danemark, ce qui a esté le principe de 1 augmentation du commerce des Anglois et des Hollandois dans la mer Baltique et de la dépendance dans laquelle ces puissances ont tenu depuis les deux couronnes du Nord. On peut ajouter a cela que les Danois ne sont

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jamais bien revenus a nostre égard de la préférence que nous donnâmes pour lors a la Suède et que nous avons maintenu depuis dans toutes les occasions, petites ou grandes, que nous avons eues. Cela obligea les Danois dans la guerre de 1710 d'attaquer les Suédois aussitôt qu'ils se furent déclarés pour nous. Depuis Gustave-Adolphe, la Suède ne nous avoit donné aucune marque d'amitié que dans cette seule occasion, encore exécuta-t-clle si mal les eno-ao-emens

qu'elle avoit pris avec nous que son alliance nous devint, dans les suittes, plus nuisible qu'avantageuse. Depuis ce temps-la ça n'a esté que froideur pour nous et préférence pour nos ennemis, que si nous n'avons donc receu aucune utilité de l'alliance de la Suède depuis Gustave-Adolphe, soit par les veues fausses qu'ont formées ces Roys, soit par la partialité de leurs ministres. Que pou-

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vons-noiis en attendre présentement qu'elle est sur le point de sa ruine et faut-il qu'après nous estre laissé accabler pour avoir voulu soutenir l'Espagne, malgré elle-mesme, nous ne cherchions aucun nouvel appuy pour ne pas renoncer à d'anciennes liaisons toujours mal observées par nos alliés, « Si la guerre continue, il est inutile de représenter qu'il faut chercher des amis au dehors, et si elle se termine par la paix, les conditions qu'on nous imposera et les circonstances qui nous les feront accepter rendront encore cette nécessité plus palpable. Je ne croy pas qu'on veuille suposer que la paix faite, nous puissions prendre aucune confiance ny dans les Anglois ny dans les HoUandois. Il faudra pour le moins renoncer a l'amitié de l'Espagne, celle de l'Empereur ne sera jamais pour nous, les princes de l'Empire seront plus faibles que

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jamais et il ne faut compter sur eux qu'autant qu'on a de Targent à leur donner. Le Roy de Danemark est hors de toute portée avec nous ; la Suède, dans un état de faiblesse qui nous rendra au moins son amitié onéreuse avant de nous la rendre utile ; les Hongrois, qui se soutiennent pendant la guerre, seront accablés par la nouvelle seule de la conclusion de la paix. Je ne parle point du Pape, du Roy de Portugal, des Vénitiens, ny des autres princes d'Italie, nous n'en avons tiré aucune utilité pendant que nous pouvions leur donner la loi, que pouvons-nous nous promettre d'eux, dans les tems qu'ils la reçoivent d'une puissance qui nous en contraint. Dans cet abandon général où nous allons nous trouver, il semble que Dieu nous a^^t suscité une ressource dans la personne du Czar et dans l'usage qu'il a sceu faire d'une puissance

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jusqu'à présent inconnue. Je comprens bien que des gens jalons de la gloire de la nation pourront trouver estrange qu'on recherche l'amitié d'un Prince qu'on regarde encore comme un barbare. Si le cardinal de Richelieu n'avoit raisonné de cette manière, il n'auroit pas procuré à la France une alliance aussi utile que celle de Gustave-Adolphe. La gloire et la réputation des Suédois n'estoit guère a [illisible] de leur pays. Il n'y avoit guère que les Polonois qui les conneussent et un Suédois de ce temps n'etoit guère différent d'un Moscovite d'aujourd'huy. Il y a seulement cette différence que Gustave-Adolphe n'avoit que 25 ou 3o.ooo hommes au plus quand le cardinal de Richelieu mit tout en usage pour l'attirer dans nos intérêts et que le Czar en a présentement plus de loo.ooo hors de ses Etats, qui, s'il vient à bout de la conqueste

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des places de la Livonie, ne peuvent estre employés ailleurs que vers TAllemagne; l'alliance qu'on peut faire présentement avec les Moscovites a aussi un autre avantage sur celle que le cardinal de Richelieu fit avec Gustave-Adolphe. C'est que ce ministre ne put envisager, en la faisant, qu'une simple diversion des forces des ennemys de la France et que, présentement, dans celle qu'on propose avec les Moscovites, on y trouve, outre des espérances pour cette diversion, beaucoup d'espérance que, par ce moyen, nous viendrons à bout de diminuer mesme pendant la paix le commerce des Hollandoiset par conséquent d'affaiblir une puissance dont il est [illisible] nous pourrons aussi parvenir dans les suittes par le mesme moyen a establir le commerce avec la Perse par la Moscovie sur le pied que le cardinal de Riclielieu Tavoit projette.

Comme nous n'avons rien à craindre de Taugmentation de la puissance des Moscovites, au moins pour le présent, nous devons voir avec plaisir qu'elle s'accroisse, et nous devons y contribuer autant qu'il est de nostre pouvoir, c'est-à-dire en nous liant de telle manière d'amitié et de confiance avec eux que nous so^^ons a portée de leur persuader de prendre pour leur agrandissement des mesures qu'ils sont plus capables d'exécuter que de former. Je dis qu'il faut commencer par establir une grande confiance parce que le caractère de la nation moscovite estant la deffiance pour les estrangers, les conseils les plus salutaires que nous pourrons leur donner tandis que nous serons en froideur avec eux leur seront suspects. Ils ont d'assez bonnes vues pour l'augmentation et l'agrandissement de leur commerce et de leurs

forces maritimes, ils sentent bien que les Hollandois s'y oposeront, il n'y a qu'à les convaincre que nous la souhaitons; après quoy nous pouvons nous asseurer qu'ils perfectionneront leurs vues par nos conseils et que nous leur ferons prendre toutes les mesures que nous voudrons pour la diminution du commerce des Hollandois ; si on fait un bon usage de cette vue, on peut se flatter, qu'avant qu'il soit dix ans, nous ruinerons entièrement le commerce des Hollandois dans la mer Baltique, que le Czar voudra que ses sujets leur portent eux-mêmes toutes les marchandises qu'ils viennent chercher dans ses Etats, qu'il envoie chercher luy-mème a Bordeaux les vins routes, les eaus-de-vie et les fruits secs ([u'il recevoit auparavant par le moyen des Hollandois ; on pourra l'animer aussy dans le dessein qu'il a d'establir la pèche de la

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baleine à vVrkangel, on pourra liiy faciliter les moyens d'estahlir toutes sortes de manufactures dans son pays et mettre les choses par la dans un estât que le commerce que les Anglois et les llollandois faisoient en Moscovie tombe de luy-même. « Il ne faut pas dire que dès que les Hollandois verront que le Czar tiendra une semblable conduitte ils s'oposeront à la navigation des vaisseaux moscovites et leur feront mesme la guerre. Ils pourront bien, à la vérité, commencer quelque chose là-dessus, mais ils ne scauroient la suivre parce que les marchandises qu'ils tirent de la Moscovie et de la Livonie qui va estre présentement entre les mains du Czar leur [illisible] absolument nécessaires que, quand ils ne ne pourront pas aller les prendre euxmêmes avec leurs vaisseaux, il faut nécessairement qu'ils se réduisent à les rece-

voir par ceux des Moscovites. En effet, ils ne sauroient se passer des bois, du chanvre, des suifs, des cuivres, des cendres et des autres marchandises qu'ils usent deMoscovie. Encore moins des grains qu'ils tirent de Riga et il est plus facile au Czar de se passer pendant dix ans de débiter sa marchandise qu'il ne Test aux Hollandois de s'en passer pendant dix mois. Il est très difficile aux Hollandois, pour ne pas dire impossible, de faire la guerre au Czar à cause de l'éloignement où ils sont des Estats de ce Prince et des dépenses immenses qu'il faudroit qu'ils fissent pour mettre en estât le Roy de Suède et l'Electeur de Brandebourg de la luy faire. Je ne parle point du roy Auguste parce que, quelque sujet de mécontentement qu'il puisse avoir contre les Moscovites, son propre interest l'oblige à les ménager tandis que

le Roy de Suède et le roy Stanislas vivront, et qu'il ne pourra pas prendre une entière confiance au Polonois, ce qui n'arrivera jamais à moins que cette nation ne change d'humeur et de maxime. Gela supposé, il s'ensuit que nous pouvons parvenir avec facilité par le moyen des Moscovites à diminuer le commerce des HoUandois, nous pourrons de la mesme manière et peut estre encore plus facilement en nous assurant de l'amitié des Moscovites donner un contre-poids assez considérable à la Maison d'Autriche, en Allemagne, premièrement en fortifiant autant qu'il dépendra de nous l'union de ce Prince avec le roy Auguste qui, se sentant soutenu d'un ami aussi puissant et animé par sa propre ambition donnera beaucoup de jalousie aux Autrichiens et fera peut-être éclatter le projet qu'il a depuis longtemps dans la teste de se faire

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élire Roy des Romains; le Czar peut aussi favoriser la continuation des troubles de Hongrie mesme après la paix, même par amitié pour le Prince Régent et par crainte que TEmpereur étant libre de tous les embarras ne se joigne au roy Auguste et aux Polonois, ne les mette par la en estât de lui disputer une partie des avantages qu'il prétend tirer de la guerre de Pologne. Ces considérations paroissent peut-estre suffisantes pour faire voir que l'utilité que la France peut tirer d'une plus étroite intelligence avec le Czar vaut bien la peine qu'on se donne quelque mouvement pour la moyenner ; il n'y a pour cela qu'à faire passer auprès du Czar un homme sage et qui ayt quelque connoissance du commerce. On ne peut pas douter qu'un ministre de France ne soit bien receu en Moscovie, on en a un exemple en la personne de M. . . .

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et quand on auroit quelque cloute la-dessus riionneur qu'un semblable envoy feroit au Gzar et Futilité qu'il en pourroit tirer doivent entièrement le dissiper. »

Dès son arrivée à La Haye, en décembre 1716, Pierre s'abouche avec le marquis de Ghâteauneuf, ambassadeur du Roi, et le met immédiatement en rapport avec ses conseillers et ministres, Golofkine, Cliaffirow et Kourakine \ Mais Dubois qui, même avant l'arrivée du Czar en Hollande, avait eu vent de ses projets, écrivait au Régent le 10 décembre 17 16 : « Souvenez-vous que, si vous ne restez pas uni ù Sa Majesté Britannique, vous tomberez du grenier à la cave ; voilà pourquoi je vous conjure, au nom de Dieu, jusqu'à ce que j'aie eu l'honneur de vous entretenir, quelque occasion

I. Rambaud. Recueil des instructions données aux ambassadeurs, etc.

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qui se présente, de ne rien risquer qui puisse refroidir cette liaison et réveiller le moindre soupçon ^ »

Dubois n'ignorait nullement que le marquis de Châteauneuf et le maréchal d'Huxelles ne partageaient pas ses idées. Il entame donc contre l'alliance russe une campagne ouverte et se prononce contre elle avec la dernière énergie.

Châteauneuf avait, sur ces entrefaites, reçu les instructions les plus minutieuses.

Dans le mémoire^ que le Roi lui avait adressé le 5 janvier 1717, Il lui marquait c{u'il savait fort bien que le Czar était disposé à lui demander la garantie des cessions qu'il pouvait obtenir du Roi de

I. Dubois, cardinal et premiermiiiistre, par le P. Bliard. •i. 'Kun^h^nA. Recueil des instructions données aux ambassadeurs.

Suède, mais que, sur ce point, il importait de ne pas s'expliquer, en vue des avantages qu'on pouvait retirer du prix qu'attacherait le souverain russe à un acquiescement.

Il était essentiel que notre ministre s'assurât aussi des engagements que celui-ci était disposé à prendre pour le maintien des conditions des traités d'Utreclit et de Bade, bases de la paix européenne et de lui laisser à entendre , qu'au cas où il rechercherait l'alliance de la Prusse , le Roi, loin d'y faire obstacle, ne serait pas éloigné d'entrer plus étroitement dans ses vues.

Quant aux voies à suivre pour entamer cette négociation, Chàteauneuf avait l'ordre de s'aboucher d'abord avec le prince de Kourakine, par suite de sa connaissance de la langue française et des bonnes disposi-

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tions qu'il avait toujours manifestées à notre égard.

La plus grande prudence était enjointe à notre ambassadeur, afin que l'Angleterre ne prît pas ombrage de ces négociations, au moment où le Régent s'unissait plus étroitement avec elle et, pour ce faire, il devait dissimuler le but réel de ses ouvertures sous le prétexte d'un examen des moyens à employer pour parvenir à une entente commerciale.

Le programme de Cliàteauneuf comportait donc la plus grande circonspection ; étant laissé juge de l'opportunité des négociations, il pouvait temporiser jusqu'à l'arrivée du baron de Knipliausen, ministre de Prusse, qui était attendu pour les conférences des Etats Généraux de La Haye.

Les rapports de la Russie et de la Prusse avaient, en effet, depuis quelque temps,

revêtu un caractère de orande cordialité.

Dès le mois d'octobre 171G, Ilgen, ministre prussien des Affaires étrangères, confia au comte de Rothenburg, ministre de France, que le Roi de Prusse songeait à s'unir étroitement au Czar et au Roi de France et à faire la paix avec la Suède, conjointement avec Pierre le Grand. Ilgen ajouta que Frédéric-Guillaume ayant acquis la certitude que FAngleterre voulait se détacher de la Ligue du Nord et devenir médiatrice de la paix, il tenait à la devancer et à se poser lui-même en médiateur ^

On croyait d'ailleurs à Berlin avoir la preuve que TAngleterre avait offert à la Suède la restitution de Stettin, si elle voulait renoncer en faveur du Hanovre à Brème et à Verden.

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