I. Droysen. Ouvrage cité plus haut
1. Rambaud. Recueil des i?isti-uctio}is données aux ambassadeurs.
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aisé de juger que, quoique Talliance conclue avec FAngleterre et la Hollande doive, en effet, être regardée comme le plus important ouvrage et le plus avantageux qui put être fait dans la conjoncture présente, il y aurait de la témérité, lorsqu'on connaît la grande instabilité de la nation anglaise, de mettre toute sa confiance dans ce seul appui et de ne pas ménager au moins les moyens d'entretenir une bonne intelligence avec les autres puissances de l'Empire et du Nord ; en telle sorte que, sans altérer en rien la confiance et l'amitié qui viennent d'être établies entre Sa Majesté le Roi d'Angleterre et la Hollande, l'on ait encore d'autres ressources dans les occasions où elles pourraient être nécessaires. C'est ce que l'on ne peut faire sans intervenir dans l'accommodement des différends qui divisent ces puissances, et c'est aussi pour cette
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raison que Son Altesse Royale a cru qu'il était temps de commencer à en préparer les voies ».
Ainsi se précise de plus en plus par cette lettre la tendance visible de d'Huxelles, qui, dans son for intérieur, était hostile à Talliance anglaise, à la contrebalancer par l'alliance russe, tout en respectant les instructions et les desiderata du Régent.
Knipliausen arriva à La Haye et notre ambassadeur, dans ses lettres au Roi ne lui dissimule pas la difficulté de concilier ses vues avec celles que le ministre de Prusse lui avait fait entrevoir dès ses premières ouvertures, l'incertitude où Ton était des résolutions duCzar, quant au rappel de ses troupes d'Allemagne, ne permettant pas de faire fonds sur les garanties qu'il promettait \
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Aussi, le Roi écrivait à Ghâteauneuf le 19 mars 1717 : « L'incertitude des propositions du Czar par rapport au séjour de ses troupes en Allemagne ne permet pas d'ailleurs de compter sur la stabilité des garanties que ce prince promettait; et il est des règles de la prudence de ne pas prendre légèrement des engagements sur une pareille matière, particulièrement lorsque le Czar demande des garanties qui excèdent ce que je pourrais promettre, puisque Ton ne peut douter que, si le Czar voulait retenir toutes ses conquêtes, ce serait un empêchement insurmontable au rétablissement de la paix du Nord et que ce Prince a lui-même laissé entendre qu'il apporterait des facilités sur ce point lorsqu'il en serait question. En sorte qu'il semblerait que son dessein aurait été, par les propositions qu'il a faites, de m'obliger
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à lui donner des secours contre le Roi de Suède aussi longtemps f[u'il refuserait de céder tout ce cjue le Czar a occupé sur lui pendant le cours de cette guerre.
« J'ai donc cru c{u'il n'était pas possible d'établir sur cette première ouverture les fondements d'un traité d'alliance dont les conditions ne seraient pas équitables, ni conformes à la fin cpie l'on doit se proposer de toutes parts ; et c'est aussi pour cette raison, qu'avant de répondre à ses propositions, j'ai cru c[u'il était nécessaire de lever l'une des principales difficultés qui s'y opposent, en cherchant les moyens de régler les conditions de la paix du Nord : de manière que , les cessions qui devaient être faites au Czar étant déterminées, je pusse aussi limiter la garantie que je promettais à ce Prince, et reconnaître, en attendant, par la disposition où
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il mettra ses forces, quel est le fond que je pourrais faire sur son assistance, si le cas arrivait où je fusse en droit de la lui demandera »
Les projets du Czar inspiraient à Georges de très vives inquiétudes. Il savait parfaitement que la vieille Cour de France, tout imbue des idées de Louis XIV, avait conservé contre l'Angleterre une profonde animosité. Malgré les assurances données par Dubois à Grawford, qui gérait Tambassade d'Angleterre en l'absence de Stair, et auquel il déclarait que les intérêts français étaient trop étroitement liés à ceux de l'Angleterre pour que la visite du Czar pût apporter des changements à la politique du Régent, le roi Georges suivait avec une attention soutenue les pourparlers engagés à La Haye et
I. Rambaud. Recueil des instructions données aux ambassadeurs.
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à Paris et il donna Tordre à Stair, alors en villégiature à Londres, de rejoindre immédiatement son poste.
Ce dernier arrive le 29 janvier à Paris et va sans retard voir Dubois. Le lendemain, le Régent auquel il avait également demandé audience lui déclare qu'il ne manquera jamais une occasion de donner à Georges des preuves de son inaltérable attachement. Mais Stair va plus loin. 11 déclare au Duc que Georges ne pourrait admettre radhésion delà Prusse à la Triple- Alliance, car l'Empereur en prendrait immédiatement ombraQ'e^
L'Angleterre prenait donc nettement position contre nous, et on comprend aisément l'embarras extrême où se trouvait le Régent.