I. Afchives Nationales. H, 1847. ^^^- 'i
corps de sa chaise. Voilà, pour le présent, la voiture clans laquelle il veut voyager. Mais ce qu'il y a de plus particulier, c'est qu il prétend aller aussi vite dans ce brancard qu'avec une chaise de poste. Après lui avoir expliqué que c'était impossible, et qu'en outre les chevaux de paysans n'étaient point accoutumés à porter de pareilles voitures, il pourrait bien être culbuté; ces raisons ne l'ont point touché et il a voulu qu'on exécutât ses ordres. Tous ces changements-là me font enrager. Toutes les mesures deviennent inutiles. Il est imjDossible, Monseigneur, de vous dire le jour qu'il arrivera. »
Finalement, « des hommes soutinrent les chevaux et les brancards et le souverain des Russies traversa deux de nos provinces, et cela avec indifférence, sur cette grotesque et périlleuse machine (Lemontey). »
ET LE PREMIEK TI'.AITÉ 1 HA>"C0-RLSSE 177
Dès le 2 mai, dans une longue lettre adressée à Menchikof, le Czar lui signalait Textrême misère des populations françaises au milieu desquelles il avait eu Toccasion de se trouver depuis son arrivée en France '.
Le 5 mai, il était à Abbeville où il alla voir une manufacture de draps fins, le 6 à Rreteuil, le 7 à Beaumont. Malgré les instances pressantes dont il avait été Tobjet, il avait catégoriquement refusé de s'arrêter à Amiens et à Beauvais, se bornant à dîner pour 18 francs dans cette ville et obsédé par une seule idée : arriver à Paris dans le plus bref délai possible, dans ce Paris où depuis vingt ans il nourrissait le secret espoir de pouvoir se rendre et où il avait hâte de commencer enfin les négociations qui lui tenaient tant à cœur.