I. Archive Russe, 186"). PoloiulcTiski
« Vous aurez peut-être de la peine à croire, écrivait d'Amiens, l'intendant Bernage, que le Gzar a passé dans cette ville sans que j'aie eu l'honneur de le voir. Nous l'attendions à l'évêché avec M. le marquis de Nesle et M. de Liboy, parce qu'il ne trouve pas bon qu'on aille au devant de lui, et nous comptions du moins qu'il viendrait prendre un léger rafraîchissement et son relais, quand on vint nous dire qu'il avait envoyé chercher les chevaux par son courrier et qu'il était monté dans mon carrosse à la porte de la ville ; il l'avait déjà traversée en diligence sans vouloir s'arrêter, ni voir personne. Il ne sera pas impossible que M. l'évêque d'Amiens fasse un peu de plainte, car, pour ne pas perdre mon étalage, je priai les dames à A-enlr manger le souper du Gzar à l'évêché et M"'^ de Bernage donna un grand bal dans le palais
épiscopal dont ce prélat m'avait laissé maître \ »
Même déception à Reauvais où Tévêque comte l'attendait à coucher. « J'avais, écrit l'évêque avec mélancolie, rendu ma maison qui n'est pas magnifique le plus commode que j'avais pu pour loger le Czar et une partie de sa suite. Je lui préparais un concert de voix et d'instruments et une illumination avec feu d'artifice. Il aurait trouvé ses armes en plusieurs endroits delà maison et, dans la chambre où je croyais cjuil devait coucher, les portraits des grands-ducs de Moscovie, père et mère du Czar. Mais tous ces préparatifs et tous ceux que j'avais tâché de faire pour lui donner à manger ont été inutiles'. »
Depuis Saint-Denis, une prodigieuse