I. Mercure de France
■1. Dubois. Mémoires .
la suite du Czar : « Cette petite Cour est fort changeante, irrésolue et du trône à Técurie fort sujette à la colère » ; et parlant de Taumônier, il ajoutait : « Je crois qu'il ne se mêle que de boire, il ne parle que le Russien. Le grand prêtre nous surcharge de bougies pour une chapelle et ses gens en vendent en ville. » ]^]t plus loin : « Il n'est pas possible de faire entendre raison à personne de cette Cour pour aujourd'hui : c'est le jour de leurs Pâques et, pour en célébrer le mystère avec plus de dignité, ils se sont tous enivrés, hors Sa Majesté Czarienne qui, dit-on, ne boit jamais jusqu'à perdre la raison . Quand ils auront dormi, si je puis en tirer quelque chose de positif, j'aurai l'honneur de vous le faire savoir. »
D'Antin disait : « La Cour est ivrogne sordidement » Et de Nesle : « Toute la mai-
son du Czar, excepté lui, s'est enivrée pour célébrer Pâques \ »
Arrivé dans la capitale, Pierre fut conduit au vieux Louvre richement décoré en son honneur. Aussitôt il sétonne d'une pareille somptuosité et, après avoir pendant quelques instants parcouru les salons, il manifeste le désir d'avoir un logement plus simple et il dit à Tessé chargé de l'accompagner : (( Je veux être libre. »
On le mène alors à l'hôtel Lesdiouières près de l'arsenal où il arrive vers minuit, demande un lit de camp et refuse les appartements plus confortables qu'on lui avait préparés à la hâte. A quatre heures du matin, il est debout, s'asseoit à sa table et se met sans retard au travail.
Le lendemain de son arrivée, le Régent