‹ Pierre Louis Honoré Lemaire 1788-1839Chapitre 2 sur 2 · U^-* '-A.VA · texte numérisé non relu

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Des descendants de Pierre-Louis-Honoré Lemaire, un seul, le seul d’ailleurs qui porte le nom de Lemaire, embrassa la carrière médicale comme son arrière-g randpère. Ï1 a l’honneur d’être ancien interne des hôpitaux de Paris. Les autres sont devenus de riches marchands. Disons cependant que le Dr Mouffliers, de Villers-Cotterets, est un des descendants de Mlle Collet, belle-sœur d’Honoré Lemaire.

Pourquoi les fils n’ont-ils pas continué la tradition? Théophile, le dernier né, tempérament artiste et quelque peu bohème, avait 19 ans à la mort de son père. Peut-être a-t-il suivi l’exemple de son frère Jean-Louis- Désiré, qui était entré dans le commerce probablement pour cette raison qu’il ne se sentait aucun tempérament chirurgical. La moindre goutte de sang- le faisait, diton, « se trouver mal ».Cet excès de sensibilité curieux, pathologique peut-être, peut sans doute être rapproché plus ou moins de certains phénomènes bizarres présentés par son cousin germain Pierre-Alexandre-Dionis

Lemaire, curé de Venette. Celui-ci, tuberculeux pulmonaire il est vrai, se plaignait de troubles vertigineux dont il ne souffrait que lorsqu’il célébrait la messe; aussi lui fallait- il un autel bas et sans marche avec un prie-Dieu pour s’appuyer de temps à autre.

Le petit-fils d’Honoré Lemaire, Albert, fils de Jean- Louis, aurait sans doute choisi la carrière médicale pour laquelle il avait certains goûts, s’il y avait été poussé, si les circonstances s’y étaient prêtées et si, orphelin de père, à 17 ans il n’avait dû reprendre la ♦ suite des affaires paternelles.

Quant à Jules, l’ancien interne, l’arrière-petit-fils d’Honoré, le fils d’Albert, il a choisi très jeune la carrière médicale alors qu’il ignorait totalement toute cette lignée de médecins dont il descend.

Mais il est temps d’entreprendre l’étude du « Mémoire » qui pourra nous renseigner sur les honoraires médicaux en ce qui concerne la période de 1809 à 1823 et les friands des choses passées aimeront à feuilleter ce gros cahier tenu avec un ordre parfait. Commencé le 17 octobre 1809, il se termine en juillet 1828.

Notre Honoré Lemaire était à la fois médecin, chirurgien accoucheur, pédiâtre, dentiste puisqu’il arrachait les dents, oculiste puisqu’il prescrivait des collyres et fournissait des lunettes à ses malades. 11 faisait donc, comme c’était la coutume, de tout un peu et ses occupations ne l’empêchaient pas (ce carnet nous le prouve) de s’occuper du ménage et de ses intérêts pécuniaires.

Il semble qu’à cette époque le médecin ne faisait que des visites à domicile. Elles sont toutes soigneusement consignées dans le mémoire par noms de communes et par noms de malades. Comme dans ce carnet nous

trouvons qu'il y est parlé souvent du cheval et de l’écurie, mais jamais de la voiture ou de la remise, nous pensons que le médecin faisait sa tournée à cheval.

Le rayon d’action de notre chirurgien officier de santé était assez étendu. Nous le voyons faire des visites dans les environs : à Benay distant de Grand- Essigny de 3 kilomètres, à Urvillers (3 km.), à Guntescourt (4 km. 5oo), à Castres (4 km. 5oo), à Lizerolles (4 krn. 5oo), à Grand-Seraucourt (5 km.), à Giffecourt (5 km.), à Grugies (5 km. 5oo), à Montescourt (5 km. 5oo), à Glastres, où il s’était marié (6 km. 5oo), à la Fontaine-aux-Glercs (7 km.), à Gauchy (7 km.), à Gibercourt (même distance), à Itancourt (idem), à Ly- Fontaine (7 km. 5oo), à May (7 km. 5oo), à Rémigny (8 km.), à Liez (11 km.). Sa réputation s’étendait sans doute jusqu’à Saint-Quentin (8 km. 5oo), puisque nous savons qu’il y donna ses soins, en i8i3, à Me Wimi, huissier, et qu’il en reçut 8 fr. 5o d’honoraires en 1817. Plusieurs fois il alla jusqu’à la Fère (17 km.), mais jamais, vers le sud, par pur esprit de filiale déontologie, il ne dépassa Glastres, Saint-Simon (11 km.), Montescourt, villages voisins de Flavy-le-Martel, où il était né, où résidait et exerçait son père, Pierre-Philippe.

Il ne nous a pas été possible d’établir de tarif kilométrique pour toutes ces visites, en supposant toutetefois qu'il en existât un, et cela, nous le verrons plus loin, parce que visites et fournitures de médicaments sont le plus souvent comptées ensemble.

Le prix des consultations était des plus variables.il oscillait entre 1 fr. 25 (55 visites dont une de nuit : 69 fr. 5o), et o fr. 35 (5i visites, soit 20 fr. 70). La visite de nuit était comptée 1 fr. Déjà il existait un service de médecine gratuite pour les pauvres, service qui était payé ordinairement à l’année, et sans doute était réglé par les autorités du pays. c< Reçu le 21

« septembre 1 8 1 8, 76 fr. pour traitements faits aux « indigents de la commune d’Itancourt depuis le 12 (( juin 1817 jusqu’au i5 février 1818. » « Le i3 no- (( vembre 1820, reçu 66 fr. 60 pour traitements faits « aux indigents de la commune d’Itancourt depuis le (( i5 février 1818 jusqu’au i5 décembre 1818. » Les communes mettaient donc quelque temps à s’acquitter et nous verrons d’ailleurs que les particuliers agissaient de même.

Les maîtres ne se considéraient pas comme responsables des frais médicaux occasionnés par le personnel qu’ils occupaient : « M. Blin, du fort, a payé le 24 « juillet 1816. — Florentine, la servante, doit un franc « pour une saignée du bras et une dent. M. Blin « n’ayant pas satisfait à ce payement. »

Cependant à cette époque, si les assurances sur les accidents n’existaient pas, le médecin pouvait être appelé à délivrer des certificats de blessure ou de maladie, car de tous temps l’autorité administrative ou judiciaire a eu recours aux lumières des médecins ou des chirurgiens. « Je soussigné, etc..., atteste que Ursule «F... est dans l’impossibilité de faire aucun voyage « en ce moment, vu qu’elle éprouve momentanément «les douleurs de l’enfantement et que divers acconche- « ments ont été provoqués chez elle avant terme par la « moindre fatigue,)) — «Je soussigné, etc. .., certifie que « le sieur Antoine L, . ., résidant à A..., a été attaqué de « fièvre adynamique dans le courant de novembre « 1819 que ce fut qu’avec la plus grande peine qu’il a « pu échapper à la mort dont cette maladie le me- « naçait... »

Aucune trace d’honoraires ne subsiste au sujet de ces certificats.

La chirurgie et l’obstétrique ne paraissent pas d’ailleurs, en 1809, être beaucoup plus rémunératrices que a médecine. On demandait tantôt 1 fr., tantôt o fr. 75

pour une saignée du pied. La saignée du bras était tarifée o fr. 5o, l’extraction d’une dent tantôt i fr., tantôt i fr. 5o et une vaccination 2 fr.

Impossible de retrouver le prix « de la section du « filet au nouveau-né », mais en février 1818 Honoré « Lemaire reçut 1 fr. 5o de M. J. B. P... fils pour « extraction de corps étranger du vagin de sa petite ».

Un accouchement rapportait de 5 à 6 francs. Les complications étaient certainement fréquentes, à en croire le « Mémoire »,car de nombreuses visites devenaient nécessaires, des médicaments étaient utiles et les honoraires s’en augmentaient d’autant.

On est en droit, en effet, de supposer que, pour le médecin, la pharmacie fut le plus clair de ces bénéfices. Certains médicaments ordonnés le sont encore aujourd'hui, tel le camphre dont il était fait une grande consommation; d’autres le sont moins, telles, par exemple, la bouteille lactifuge, l’eau végéto-minérale, la potion composée (3 fr. 5o), la bouteille antiputride, la bouteille résolutive.

Certains seront peut être , comme nous, obligés d’avouer qu’ils ignorent totalement ce qu’était la « bouteille de potion anodine». Elle coûtait fort cher et ne semblait pas d’ailleurs produire un grand effet. On fit à « M. Saget de Clastres deux ouvertures de jambes (3 fr.) ». On lui fit boire « onze bouteilles de décoction anodine, soit 27 fr. 5o », ce qui ne l’empêcha pas d’être malade du 4 septembre au 21 octobre ï8i4- Faut-il voir là l’aDaîogue de l’eau anodine recommandée en 1692 par M. de Bligny fils, apothicaire ordinaire du Boy, et qui « apaisait avec une prompti- « tude surprenante la douleur de dents, toutes les « espèces de coliques, les véroliques, les rhumatismes, <.< les douleurs causées par le mercure, lasciatique et les « gouttes des mains et des pieds ? », ou bien s’agit-il de la liqueur anodine de Frédéric Hoffmann, mélange

d’alcool et d’éther sulfurique inventé par ce médecin, qui mourut en 1742 ?

Enfin nous voyons aussi 3 fr., réclamés pour « traitement de la gale au petit ».

Soit dit en passant, les prix indiqués pour les médicaments sout ceux du produit à proprement parler. Les bouteilles étaient prêtées au malade, puis rendues à l’officier de santé qui tenait un compte rigoureux des entrées et des sorties.

Malgré ces prix peu élevés, ou qui nous paraissent tels, le médecin avait bien des difficultés pour recouvrer ses honoraires. Les soins donnés à Pierre Gambard de mai 1818 à avril 1822 s’élèvent au total de 22 fr. 5o. Aussi bien ce même Pierre Gambard devait déjà 42 fr. 55 pour soins donnés de 1812 à fin 1817. Voilà donc un client bien lent à s’acquitter de ses devoirs et il n’était pas le seul à agir ainsi.

En présence d’une si grande négligence, que faire ? Force était de demander ou d’accepter des acomptes, cela se voit à chaque page du « Mémoire » où tout est minutieusement relaté en détail.

Le 26 mars 1 8 1 4 ? «la veuve Pajot doit 23 fr. 5o sur « quoi j’ai reçu 16 fr. le 19 juin 1 8 1 4 »• L’année précédente la même dame avait déjà honoré son médecin en deux fois : «Le 17 avril visite, me redoit 70 centimes. »

Un héritier peu lettré : « résidand à la sidevant « abaÿe de vermand » qui lui aussi avait oublié le médecin de feu son « baux perre », écrit le 17 décembre 1817 àM. Vinchan, huissier du canton, que ce n’est pas un « oublit » qu’il « réglera » et en outre de la somme je m’oblige « aux intérêt qu’il vous fairat plai- « sir ou à Monsieur Le Maire ». Il avait donc fallu recourir aux grands moyens et employer les menaces.

Tous ces honoraires ou comptes étaient payés en argent, parfois ils consistaient en avoine, poulets, etc...

« J’ai reçu des haricots qu’il faut défalquer de la « somme de l\i fr. 70, 7 juillet 1818. »

On comprend alors qu’en présence de tant de mauvais vouloir le praticien devait être parfois gêné et devait se trouver dans l’obligution d’emprunter. Ce qui le fait supposer c’est la formule d’un billet à ordre reconnaissant avoir touché 2.100 fr. pour valeur reçue comptant. Aussi bien l’emprunteur devenait quelquefois prêteur à son tour et obligeait ses amis à « cinq du cent », ce qui n’a jamais été un taux usuraire. « Compte de prêt d’argent à François D... J’ai prêté « 200 francs dans le courant d’août 1 8 1 3, sur quoi il « m’a été rendu 53 fr. le 20 novembre 18 1 3, etc... etc... »

Dans ce « mémoire », véritable carnet de ménage ou livre de famille, se trouvent ainsi mille autres renseignements d’intérêt variable : recette pour le cirage, détail du « fouissage du jardin », « compte de nos gerbées », « naissance de mes enfants » avec la date et l’heure, plus le nom des parrains et marraines.

Le 16 mai 18 14 il y est signalé le « passage de 25.000 russes et le séjour de 3.5oo h. ». Enfin on y trouve aussi le « compte de Marguerite ». « Le 8 janvier 1820 lui avoir donné 1 fr. 10 plus le même jour lui avoir « donné 8 fr. ». «Le 10 février lui avoir donné 1 fr. 55 « pour tablier. Au mardi-gras 20 centimes. » Quelle était cette Marguerite? Ce n’était ni la femme St-Honoré Lemaire ni une de ses filles. Peu importe d’ailleurs.

. Tels sont les honoraires les plus typiques que nous avons pu retrouver.

Mais une question se pose : A travailler à de tels tarifs que pouvait économiser pour ses vieux jours notre officier de santé ?

Il est difficile de répondre d’une façon certaine, car

malheureusement nous n’avons pas son livre de dépenses ménagères en admettant qu’il en ait eu un, ee qui est très probable étant donné l’ordre que trahit le carnet de visites. De plus, quelques pièces notariées nous font défaut. Aussi sommes-nous réduit à des hypothèses, hypothèses qui, il est vrai, sont basées sur des chiffres, c’est-à-dire sur la fortune laissée à leur décès par quelques-uns des Lemaire.

Pour fixer les idées, il est utile de rappeler ici que Pierre-Louis-Honoré Lemaire mourut bien avant son père dont, par conséquent, il n’avait pas encore hérité. Or, suivant acte passé devant Me Garlier, notaire à Flavy-le-Martel, du 4 sept. 1846, c’est-à-dire six ans avant sa mort, M. Pierre-Philippe Lemaire, chirurgien à Flavy-le-Martel, père d’Honoré Lemaire et veuf de Madame Marie-Madeleine Mouton, a fait donation entre vifs à ses petits enfants, savoir :

a) Mr Pierre-Alexandre Lemaire, prêtre desservant la commune de Venette (Oise), celui-ci représentant Auguste Lemaire, son père, décédé médecin à Babœuf (Oise) en 1 8 1 g .

b) Et ensemble :

i°) Mr Louis-Désiré Lemaire, négociant à St-Quentin, devenu époux de Claire Jacquemin ;

2°) Mr Louis-Désiré-Théophile Lemaire, commis négociant, à St-Quentin ;

3°) Et Madame Marie-Louise Lemaire, épouse de Joseph-Isidore Brunois, marchand épicier à Saint-Quentin, ces trois derniers représentant leur père M. Lemaire- Collet, décédé à Essigny-le-Grand,le 25 novembre 1 83g .

De la moitié des biens ci-après qui dépendaient de la communauté d’entre M. et Mme Lemaire-Mouton et ainsi appartenant déjà pour l’autre moitié aux petitsenfants Lemaire, donataires en leur qualité d’héritiers de Madame Lemaire-Mouton :

Immeubles à Flavy-le-Martel.

i° Une maison GrandTue, avec 5 1 ares 4 9 ca. ;

2» Une autre maison aussi Grand’rue, avec 2.5 ares 75 ca.;

3° 45 ares de terre au Clos Monnet ou le Clos de Justice ;

4° 42 ares 91 de terre au Détroit bleu;

5° 63 ares 52 ca. de terre au clos Terrial.

Tous ces biens et immeubles ont été par la suite vendus savoir ;

L’article ier,le 19 mai 1 853 , moyennant. 6.100 francs. L’article 2, le 3 novembre i852, pour. . 2.700 —

L’article 3, le 11 avril 1847, Pour . 2.100 —

L’article 4» le 26 septembre 1847, pour. 1 .45o —

L’article 5, le 20 avril 1847, pour. , . . 1.800 —

Le produit de ces diverses ventes s’élève donc à i4. i5o francs.

Il est à croire qu’en mourant Pierre-Philippe Lemaire-Mouton, qui avait donc au préalable fait don de sa fortune à ses présomptifs héritiers à charge de rente viagère, n’a laissé que peu de chose : son mobilier et quelques dernières économies enfouies dans des pots de fleurs cachés sur les poutres de son grenier.

A l’époque, du reste, les fortunes, suivant l’ancien adage « res mobilis res vilis », ne comportaient guère autre chose que des immeubles. Partant la fortune de M.et Mme Lemaire-Mouton ne devait guère comprendre que les immeubles prérappelés.

Voici donc la fortune laissée par le père d’Honoré Lemaire : elle constitue une première donnée.

Mais établir le total des économies faites par Honoré Lemaire n’est pas chose facile. Nous avons bien la déclaration de succession faite à l’enregistrement de Ribernont, mais nous n’avons pas pu retrouver le contrat de mariage qui eût été une base utile pour nos calculs.

Mais, dans l’espèce, avoir en mains le contrat de

mariage de l’an des frères est chose précieuse en admettant, bien entendu, que la dot constituée à l’un ait été égale à la dot constituée à l’autre.

Un des frères Lemaire, François-Auguste, qui exerçait à Babœuf, village de l’Oise distant à vol d’oiseau de 26 kilomèresde Grand-Essigny, s’est marié avec contrat. Aux termes de celui-ci, reçu parM. Leclère, notaire à Chauny,le 10 février 1 8 1 3, François- Auguste Lemaire a apporté en mariage 4*ooo francs et il lui a été constitué en dot par ses père et mère 2.000 francs.

Donc si l’un des Lemaire a reçu 2.000 francs de dot constituée par ses père et mère, on peut croire qu’il en fut de même pour tous les enfants ou du moins pour * les trois fils.

La déclaration de succession, souscrite le 25 mai i84o, constate que M. Pierre-Louis-Honoré Lemaire est décédé le 25 novembre 1 83g et que l’actif héréditaire comporte moitié des biens de communauté ci-

après :

Mobilier . 758,75

Créances actives non détaillées . 18. 120, 55

Total. . . 18.879,30

Moitié à la succession . 9. 43g, 65

Différents immeubles à Essigny, revenu 558 fr., capital 1 1 . 160 fr.

Moitié à la succession, 5.58o fr.

Voici donc un inventaire après décès se montant à 3o.o39 fr.3o.

Cette attribution de « moitié à la succession » nous permet de supposer, soit que Louis-Honoré Lemaire s’était marié sans contrat et par conséquent sous le régime de la communauté pure et simple, soit sous le régime de la communauté réduite aux acquêts et c’est

dans ce cas surtout qu’il est regrettable de ne pas avoir de contrat de mariage.

Nous n’avons pas le détail des immeubles signalés dans cette déclaration de succession ; mais nous savons qu’en 1898 Honoré Lemaire possédait 6 hectares' 3 1 ares en i5 parcelles, y compris la maison pour 8 ares 10 ; le jardin pour 7 ares 4o ; le verger pour 25 ares 90. Ceci d’ailleurs 11’a pas grande importance. Remarquons en effet que les créances actives non détaillées constituent plus de la moitié de l’avoir au décès.

Né en 1788, Louis-Honoré Lemaire a commencé son mémoire en 1809 à l’âge de 21 ans, c’est-à-dire sans doute au début de sa carrière. Mort en [836, il avait donc exercé pendant trente ans.

Tels sont les renseignements que nous donnent aujourd’hui et l’étude de ce Mémoire et les recherches qu’elles nous a occasionnées.

A la vérité renseignements bien incomplets.

Où tous ces Lemaire ont-ils fait leurs études médicales? Nous l’ignorons encore, mais ce ne fut ni à Amiens, ni à Reims, ni à Lille. Peut-être à Arras ou à Douai, peut-être à Paris.

Qu’étaient Charles-Agathon Lemaire> les deux Jacques-Joseph Lemaire, le père et le fils, qu’était l’ancêtre Jacques de Marcoing? Quel était leur titre exact? Les uns sont indiqués tantôt comme officiers de santé, tantôt comme chirurgiens. D’autres ont le titre unique de chirurgiens, mais ctaient-iis maîtres en chirurgie, chirurgiens, non maîtres ou chirurgiens barbiers ? Certains d’entre eux ont-ils joué un rôle quelconque dans Thistoire locale du pays qu’ils habitaient? Autant de questions auxquelles nous ne saurions répondre pour i’instant.

De plus, que delacunes ! Nous n’avons pas pu remonter au-delà de 1700, il nous a été impossible d’établir un tarif kilométrique d’honoraires, nous n’avons pas pris la peine de rechercher le prix des médicaments fournis par le médecin, malgré tout nous avons voulu présenter ce petit travail tel quel à la Société française d’Histoire de la Médecine dans le but avoué de susciter d’autres recherches.

Car, pour incomplets qu’ils soient, nos renseignements pourront être sinon complétés, tout au moins contrôlés, par d’autres et par certains.

En effet le père du Dr Bucquoy exerçait dans la même région qu’Honoré Lemaire, à Ham, et cela à une époque un peu postérieure.

Le successeur d’Honoré Lemaire à Grand-Essigny a été le Dr Lambert, officier de santé, et qui est mort en 1890 ayant exercé jusqu’à son dernier jour. Son fils est médecin à Paris.

Que ces lignes viennent à tomber sous les yeux du Dr Bucquoy ou du Dr Lambert, et il sera facile à ces deux docteurs, fils de médecins, de compléter ou de contrôler nos dires s’ils peuvent retrouver quelques données dans leurs papiers de famille.

Notre Honoré Lemaire eut, sans conteste, une bibliothèque médicale. Un de nos grands regrets fut de n’avoir pu encore en retrouver sa constitution. Peut-être y arriverons-nous. Mais, toujours par comparaison, nous pouvons nous en faire une idée.

Là encore il faut en revenir à son frère François- Auguste, officier de santé à Babœuf.

L’inventaire dressé après son décès, le2Ô mai 1818, par les soins de Me Boulanger, notaire royal à Noyon, porte que le mobilier dépendant de la communauté a été prisé une somme totale de 533 francs vingt-cinq centimes, y compris une bibliothèque comprenant les ouvrages suivants :

i° Traité des maladies des voies urinaires , par Chopart, 2 volumes.

20 Phtisie pulmonaire , par Portai, 1 volume.

3° Nouvelle méthode des accouchements, 1 volume.

4° Pathologie chirurgicale , par Latrou (?), 2 volumes.

5° Essai d'une méthode analytique appliquée à toute la branche de la médecine , 1 volume.

6° Traitement des fièvres inflammatoires , 2 volumes!

70 Manuel d' anatomie , par Meyrier, 1 volume.

80 Cours pathologique chirurgical , par Neveu, 2 volumes.

90 Eléments de pharmacie , par Beaumetz, 2 vol.

io° Traité de panologie (?), par Gavart, 2 vol.

ii° Autre traité de panologie , par Aubin, 2 vol.

120 Eléments de botanique , 1 vol.

i3o Le cours de Boyer , par Richerand, 2 vol.

i4° Manuel médical de Wigne , 3 vol.

i5° Traité des maladies vénériennes , 1 vol.

160 La Physiologie , par Richerand, 2 vol.

170 Nosologie chirurgicale, par Richerand, 3 vol.

180 Le Médecin herboriste , 1 vol.

190 Traité complet d1 Anatomie, 2 vol.

200 Cours élémentaire de pratique médicale , 1 vol.

210 Traité d'anatomie, par Boyer, 1 vol.

220 Opérations de chirurgie, par Diviin, 2 vol.

Soit 22 ouvrages médicaux divers en 37 volumes et G7 autres volumes dépareillés tant de l’histoire de France que des œuvres de Pœusseau, Fontenelle, Crébillon et autres.

L’ensemble de cette bibliothèque a été estimé 42 fr.

Mais si nous n’avons pas la bibliothèque d’Honoré Lemaire, par contre, nous avons son forceps qui, si mes souvenirs sont précis, était un forceps à courbure

pelvienne modèle de Levret, l'articulation des deux branches se faisant par la pression d’une grosse vis. Nous pouvons, à titre de curiosité, montrer à la Société d’Histoire de la Médecine la trousse d’Honoré Lemaire, trousse venant de chez Charrière. Nous avons aussi un vieux bistouri, une scie à amputation et un phlebotome qui ont appartenu soit à cet Honoré Lemaire, soit à son père, Pierre-Philippe.

Poitiers. — lmp. Blais et Roy, 7, rue Victor-Hugo

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