‹ Pierre NozièreChapitre 30 sur 51 · ARISTE · texte numérisé non relu

ARISTE

L'intelligence, telle que vous l'avez définie, est évidemment l'intelligence spéculative, l'aptitude à la philosophie des sciences. Et il semble bien que cette faculté n’est pas aussi nouvelle que vous dites et qu'elle est au contraire vieille comme l'humanité. L'homme qui le premier fit griller, dans sa caverne, sur la pierre du foyer, une cuisse d'ours, n’était pas seulement cuisinier; il était chimiste, et la philosophie des sciences ne lui était pas du tout étrangère. Ce qui est vrai, c’est que les hommes tirent déa principes les plus justes les conséquences les plus fausses. Ce n’est point l'intelligence qui est funeste à l'humanité, ce sont les erreurs de l’intelligence. La faculté de comprendre d’une certaine façon l'univers est attachée aux organes mêmes de l'animal que nous sommes, et l’homme est né savant. Je me flatte de

rester dans la bonne nature, en poursuivant mes travaux

de chimie agricole et d'archéologie. Après cela, je vous accorderai, Polyphile, que l'aptitude de nos semblables à la divagation est grande et que la faculté d’errer est celle

ue l’homme exerce avec le plus de puissance.

DRTAS

Cela tient à ce que nous ne€ faisons que d'entrer dans

la période positive.

FOLPEMIEE.

À tout le moins, vous reconnaissez avec moi que 163 croyances, la morale et les lois ne dérivent point d'une interprétation rationnelle des phénomènes de la nature, qu'une libre intelligence de ces phénomènes affaiblit les préjugés nécessaires, et que la faculté de beaucoup con-

naître est une monstruosité funeste.

DRTAS

Cela n’est pas bien vrai.

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