‹ Pierre OlivaintChapitre 110 sur 293 · Journal des Retraites, t. I", p · texte numérisé non relu

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donc ma mère, et mon frère, et ma sœur*. « Ainsi se confondent et se complètent les deux amours qui semblaient se combattre, l'amour naturel des parents et l'amour surnaturel du Père céleste. Rien n'est sacrifié de ce qui est légitime ; tout est sanctifié dans cet holocauste de la piété filiale.

Pierre Olivaint, impuissant à faire pénétrer de telles pensées dans le cœur violemment troublé de sa mère, lui prodiguait les effusions de sa tendresse et revenait même pour la consoler à des ébats et à des caresses d'enfant. « H faut cela à ma pauvre mère, » disait-il à ses amis, un peu étonnés des scènes charmantes et naïves dont ils étaient parfois témoins. On aurait pu lui répondre : Il vous le faut à vous-même. « Son cœur, en effet, écrit un de ses intimes, s'échappait tout entier par ce seul côté : c'était vraiment un cœur de petit enfant pour sa mère. »

Et ce cœur aimant souffrait une peine indicible. Chaque plainte, chaque cri de douleur qu'arrachait la vague menace d'un prochain départ, lui faisait une cruelle blessure; mais il ne faiblissait pas. Déjà il éprouvait ce double sentiment si bien exprimé plus tard : « Comme je ne comprendrais pas mon amour pour ma mère, si je n'étais prêt à tout souffrir pour elle! Et je prétendrais, sans la souffrance, prouver mon amour à Dieu ^ ?

Enfin le consentement maternel fut arraché, et Pierre, tout en compatissant à la douleur de celle

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