CHAPITRE IX
belles espérances, longfomps nourries, s'évanouir soudain, perdre un fils affectueux, assidu, prévenant: une telle perspective irritait une âme que la foi n'éclairait qu'imparfaitement encore. Abraham, pour obéir i\ l'ordre divin, eût immolé son fils; mais cet héroïsme, au dire du poëte.
Dieu ne l'aurait jamais exigé d'une mère.
Le poëte oubliait que Jésus-Christ l'imposa lui-même à sa propre mère au pied de la croix.
Un jour viendra que Mme Olivaint comprendra mieux ce touchant mystère, et, pour l'amour de Dieu, sacrifiera son fils, comme Marie sacrifiait Jésus; alors elle verra que toute chose tourne au profit de ceux qui acquiescent généreusement à la divine vo~ lonté. Ce fils qu'elle croyait perdu, n'aura jamais été plus tendre, ni plus efficacement dévoué ; jamais il n'aura mieux été la providence sensible de sa mère qu'après la séparation douloureuse; il restera jusqu'à la fin la consolation de ses vieux jours et apparaîtra près du lit de la mourante comme l'ange des espérances immortelles.
Ceux qui disent, comme Pierre Olivaint : J'ai pris Jésus pour mes parents\ savent bien que leurs parents sont dès lors adoptés par Jésus. Avant de mourir au monde, ils imitent le divin Crucifié qui confiait sa mère à saint Jean ; ils remettent leur famille aux mains de Dieu, et Dieu daigne les accueillir en répétant la suave parole de l'Évangile : « Voil;\