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CHAPITRE XlII

empruntait aux parents leur dévouement et leur tendresse. Et si, dans sa nombreuse famille, la mort faisait des orphelins, il était là pour les consoler, pour les accueillir comme un père adoptif. Le célèbre docteur Jean-Paul Tessier, son ami, laissait en mourant un fils unique, alors élève à Vaugirard. A partir de ce jour, le Père Recteur hérita, près de Tenfant, d'un doux privilège. Quand revenait l'anniversaire de la naissance du cher orphelin, le P. Olivaint le mandait chez lui et le bénissait au nom de son père défunt; mais, une fois, malade et retenu au lit, il envoya à son jeune ami, en compensation de la visite accoutumée, un petit livre, avec les lignes suivantes^ tracées au crayon : « Aujourd'hui, dix-sept ans! Cher ami vous voilà jeune homme; souvenez-vous de votre père; portez noblement son nom. Et vous serez digne de lui, si vous avez le courage de dominer l'entraînement des mauvaises doctrines et des mauvais exemples, pour rester jusqu'à la fin généreusement chrétien comme lui. A sa recommandation et en son nom, dans toute rcfTusion de mon cœur, je vous bénis paternellement en Notre-Seigneur.

Enraciner la foi dans Icsprit, la piété dans le cœur, dans la conscience le sentiment du devoir chrétien, dételle sorte que son accomplissement passe en habitude et devienne comme un premier besoin^ voilà où tendaient en définitive tous les règlements du collège et toutes les sollicitudes de son recteur.

A Vaugirard, la foi se mêlait à chaque pensée

des enfants et marquait de son empreinte leurs moindres actions. La foi leur inspirait d'offrir à Dieu chacun de leurs devoirs, de s'agenouiller, au commencernent de leurs jeux, aux pieds de leur Patronne immaculée, de se découvrir, quand les rangs silencieux passaient sur la grande terrasse, devant sa statue vénérée; de multiplier, en l'honneur de Notre-Dame des Victoires, les sacrifices quotidiens, de solliciter avec empressement la faveur d'entrer dans ses Congrégations, de visiter, pour lui plaire, les pauvres, ces membres souffrants de Jésus-Christ, de s'endormir avec le scapulaire et le chapelet, en murmurant les trois noms sacrés de Jésus, Marie, Joseph, et surtout de fréquenter, avec une ferveur persévérante, les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.

Mais, à quoi bon ce détail? Grâce à Dieu, ces saintes pratiques de la piété chrétienne sont universellement en honneur dans les collèges catholiques; elles se maintiennent à Vaugirard, comme au temps où le P. Olivaint mettait son zèle ardent à les encourager.

A cette fin, il saisissait toute occasion favorable : tantôt la fête intime d'une Congrégation, tantôt la cérémonie touchante de la première communion, la procession de la Fête-Dieu, un pèlerinage à quelque sanctuaire de Notre-Dame, la clôture solennelle du Mois de Marie, avec sa brillante illumination, que sais-je encore?

Souvent, hélas ! un événement tViste lui fournissait le moyen de raviver la foi et la piété dans les cœurs. La mort, la mort subite quelquefois, frappait

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