‹ Pierre OlivaintChapitre 195 sur 293 · CHAPITRE XJV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XJV

rent nombreuses à son appel, et il leur tint un langage qui rappelle l'admirable discours de saint Vincent de Paul aux premières dames de la charité. On sent que l'inspiration est venue de la môme source, du Cœur infiniment miséricordieux de Jésus. Et vraiment n'était-ce pas Jésus lui-même qui répétait encore par la bouche de son prêtre : Misereor super lurbam?...

« Mesdames, dit-il, l'Enfant Jésus vous a convoquées aujourd'hui pour sauver son OEuvre et lui donner les accroissements que son cœur désire. Et comment celte OEuvre pourrait-elle ne pas toucher votre cœur? Ohl voyez de quelle abondante bénédiction elle sera pour vous le gage. Mères chrétiennes, qui avez un si grand désir d'appeler la bénédiction de Dieu sur vos enfants chéris, TOEuvre de la première Communion vous en offre un moyen assuré. Vous êtes justement préoccupées de la première Communion de votre enfant, vous qui croyez que de cet acte si solennel peuvent dépendre sa vie tout entière et son éternité : voulez-vous en assurer le succès et en perpétuer les heureux résultais? Donnez à Jésus l'âme d'une première communiante : âme pour âme.... 11 exaucera vos prières. Vous tremblez pour votre fils égaré au milieu des folles joies du monde, et vous implorez son salut; donnez à Jésus l'âme d'une première communiante : âme pour âme. ... Il sauvera votre fils. Vous êtes inquiète sur le sort d'une âme qui a quitté la terre, vous voudriez hâter sa délivrance. Donnez à Jésus l'âme d'une première Communiante ; âme pour âme,... et le Ciel s'ouvrira pour celle que

VOUS chérissez. Enfin, votre cœur est plongé danf une tristesse accablante; malgré les grâces reçues de Dieu, malgré les gages multipliés de sa miséricorde, vous tremblez encore pour votre salut. Mais qui sauve une âme rachète la sienne! Donnez une âme à Jésus : don pour don, cœur pour cœur, âme 'pour âme, et votre salut est assuré. »

Le principal motif qu'il suggérait aux mères chrétiennes l'avait déterminé lui-même à cette fondation. «Pourquoi, disait-il S nie suis-je occupé de l'OEuvre de l'Enfant-Jésus avec tant d'intérêt? Était-ce uniquement pour procurer à de pauvres filles le bonheur de faire leur première communion? Non, mesdames, ma pensée principale était de faire du bien à vos enfants, d'attirer les bénédictions du Ciel sur leur carrière et de leur assurer une bonne première Communion. Ma pensée première a été d'offrir à Dieu des âmes, pour sauver ces âmes qui me sont confiées. »

On voit comme le P. Olivaint, quand il donnait une part de son temps et de son cœur aux œuvres du dehors, restait « l'homme du dedans ».

Ses successeurs à Yaugirard ont dignement marché sur ses traces, et naguère encore celui qui gouverne aujourd'hui ce grand collège disait : « Nous élevons en ce moment plus de sept cents enfants.... Faire d'eux de fervents chrétiens, assurer leur avenir spirituel, sauver leurs âmes, c'est le but essentiel que poursuivent tous nos elîorts, c'est notre impérieux devoir et notre grande préoccupation. Je connais

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