‹ Pierre OlivaintChapitre 203 sur 293 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Une jeune iille du patronage, âgée de vingt-deux ans, resta huit mois à l'hôpital Necker, donnant ù tous l'exemple d'une angôlique piété. Au chevet de son lit elle avait disposé comme une petite chapelle qui lui rappelait sans cesse la pensée de Dieu. Sans illusion sur l'issue de sa maladie, elle parlait de sa mort prochaine comme d'un voyage d'agrément qu'elle aurait projeté. « Que je suis heureuse de mourir! disait-elle; la mort ne m'efFraye point, je sens ma conscience tranquille. Et pourquoi aurais -je peur du bon Dieu? » Elle fit couper et vendre ses cheveux pour qu'après sa mort on fît dire des messes à son intention, puis elle voulut voir le suaire qui devait l'ensevelir, supplia le directeur de la faire enterrer avec son scapulaire, son chapelet et sa médaille d'enfant de Marie, recommandant surtout que son corps ne fût touché par personne. Son grand désir était de se trouver au ciel pour la fête de l'immaculée Conception. La sainte Vierge devait l'exaucer. Le 2 décembre, après une nuit passée dans une prière continuelle, assistée par un Père, qui, sur sa demande, lui récita les prières des agonisants, calme et souriante, elle rendit son âme à Dieu. Toutes les dernières volontés de la mourante furent exécutées par le directeur qui l'avait en haute estime de sainteté. 11 voulut que son corps fût exposé tout le jour dans une salle, où les malades s'empressèrent de venir prier, et pour ses funérailles il fit orner l'autel avec des lis et couvrir de fleurs son cercueil *.

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