CHAPITRE XIV
que-là négligeaientleursdevoirs chrétiens, firentpubliquementleurspàques à la paroisse. La retraite do la semaine sainte était toujours donnée par le P.Olivaint. D'ailleurs, ses paroles étaient recueillies en toute rencontre avec une vive sympathie ; sans s'abaisser jamais, il savait si bien donner à son langage ce tour vif et familier qui plaît à l'ouvrier parisien ! Puis il était si affable, si bon! Il accueillait avec une amabilité si naturelle tous ceux qu'il attendait, comme un pasteur ses ouailles, au péristyle de l'église ! Chacun avait un mot d'encouragement accompagnant son nom propre. Car il les connaissait tous, ses chers ouvriers, empressé à les visiter dans leurs épreuves et leurs maladies, d'une générosité dans ses aumônes dont le souvenir vit encore. Aussi personne d'entre eux ne refusa-t-il jamais les derniers secours de la religion quand le P. Olivaint les proposait.
Nous trouvons dans les annales du collège la mention d'un fait touchant : Le P. Recteur ayant converti un brave ouvrier protestant, lui fit faire sa première communion à la chapelle, puis l'invita à déjeuner avec lui et son parrain. Une autre fois il écrivait à un de ses amis, célèbre avocat: « Cher ami, aujourd'hui pour la bonne fête, je t'envoie non pas quelque grand du monde, mais un pauvre ouvrier. Jeté serais bien reconnaissant de lui donner quelques bons conseils. C'est un des membres de ma Société de Saint-François-Xavier. »
Un jour de dimanche, oii tombait la solennité de l'Immaculée Conception, le P. Olivaint engagea fortement ses ouvriers à placer leurs familles sous le puis-
PIERRE OLIVAIKT.
saut patronage de la sainte Vierge, et promit en souvenir, à tous ceux qui feraient cette sorte de consécration, une grande gravure, représentant la sainte Famille et que chacun placerait au lieu le plus apparent de sa demeure. Le jour où se fit la distribution de ces pieux souvenirs, plus de trois cents ouvriers s'empressèrent pour les recevoir et bon nombre sans doute les conservent précieusement encore. En même temps il leur fit répéter à tous cette simple invocation: Que la sainte Vierge fasse descendre sur nous et nos fa-' ■nnlles les bénédictions de son divin Fils.
Le vénéré cardinal Morlot témoignait à cette œuvre une particulière sympathie, et lui en donna plusieurs fois d'éclatants témoignages.
Les ouvriers ne furent pas ingrats. Quand mourut la mère de leur cher directeur qu'ils ne possédaient plus depuis trois ans, ils se rendirent en grand nombre aux funérailles.
Peu de temps après le départ du P. Olivaintpour la rue de Sèvres, celui qui lui succédait dans cette œuvre rencontra, au milieu de la rue Blomet, un brave charretier qui l'arrêtant, lui dit : «Mon Père, c'est bien vous, n'est-ce pas, qui remplacez auprès des ouvriers le bon Père Oiivaint? » Sur la réponse affirmative : « Eh bien, ajouta t-il, c'est demain la Saint-Pierre et sa fête ; veuillez bien la lui souhaiter de la part d'un tel. «
Un autre, sur le point de retourner dans son pays, exprimait dans une lettre ailecLueuse sa reconnaissance « pour les bons avis et instructions charitables qu'il avait reçus, » et suppliait « de laisser son nom