‹ Pierre OlivaintChapitre 205 sur 293 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

appel à la charité en faveur de ses chers enfants, Jésus sortit, porté par de faibles mains ; il alla dans son cachot consoler et bénir le vaillant athlète à qui tant d'àmcs doivent le bienfait de l'Eucharistie.

a N'est-il pas vrai que notre OEuvre a noblement payé sa dette de reconnaissance? Et quelles actions de grâces a dû lui rendre notre bien-aimé Père!....

« Quand il fut permis de relever les cadavres si défigurés par le supplice qu'à peine pouvait-on les reconnaître, sur la poitrine de la glorieuse et sainte victime on trouva, teinte de son sang, la médaille de l'Enfant Jésus qui est remise à chacune de nos premières communiantes *. Le martyr est donc tombé portant sur son cœur les insignes de son œuvre de prédilection, ctjusque dans sa mort il lui donne ainsj une preuve nouvelle de fidélité et un nouveau témoignage d'amour ^ »

1. «Prendre sur moi, en témoignage de conCancCj cette petite médaille dont j'admire les effets dans les autres. » Celle touchante résoiition du P. Olivaint date de sa retraite de 1865. — Voy. Journal de» Retraites^ I, p. 213.

2. Compte rendu par le R. P. Chauveau, 1877. Voici quelques indications précises sur cette OEuvre chère au P. Olivaint : On donne le nom de bienfaitrices aux personnes qui ontadopté cinq jeunes filles. Il suffit d'en avoir adopté une pour avoir le titre de zélatrice. Les frais pour chaque jeune fille s'élèvent en moyenne à 120 francs, que la zélatrice s'engage à fournir à TOEuvre, en recueillant des souscriptions de 12 francs par an, ou des dons volontaires sans engagement ultérieur, — Un patronage réunit tous les dimanches les jeunes filles placées par rOEuvre. Aux époques de» premières communions, toulcs celles qui le désirent peuvent venir passer trois joqs de retraite à la maison. — Une réunion générale a lieu tous les ans. — S. S Pie IX a accordé aux zélatrices de nombreuses indulgences. On peut s'adresser à Mlle Delmas, rue Notre-Dame-des-Champs, 33.

Il est une autre OEuvre à laquelle le P. Olivaint donna également tout son cœur, nous voulons parler de là Société de Saint-François- Xavier qu'il fonda, avec le concours de M. le curé et des notables habitants de Vaugirard, en faveur des ouvriers de cette paroisse. Malheureusement, les plus actives recherches n'ont pas réussi à retrouver les registres où, depuis Torigine, étaient consignés les actes les plus importants de cette fraternelle et pieuse association ; nous en sommes réduits aux dépositions orales de quelques-uns des membres et aux souvenirs de ceux qui dirigèrent l'OEuvre après le départ de son fondateur.

Voici comment la pensée vint au P. Olivaint de l'établir. Depuis longtemps il était l'intime ami du vénérable abbé Planchât, son futur compagnon de martyre, qui, le jour de l'Immaculée Conception 1854 ou 1855, l'invita à prêcher à ses ouvriers de Grenelle. La fête qui réunissait les membres de la Sainte- Famille à ceux de la Société de Saint-François-Xavier fut magnifique, et le Recteur de Vaugirard, se retrouvant au milieu de tout ce peuple comme dans l'élément préféré de son zèle, conçut aussitôt le dessein de transplanter auprès de son collège un rameau de cette chrétienne institution.

L'établissement définitif n'eut cependant lieu qu'en janvier 1856. Ce jour-là, 33 noms furent inscrits; l'année suivante, on en comptait déjà 124, et près de 500 au moment où le P. Olivaint dut quitter la direction de l'OEuvre pour se rendre à la maison de la rue de Sèvres.

Les fruits furent consolants; des hommes qui jus-

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