Joann., vu, Id
jours mort au monde, toujours enveloppé de la lumière des choses de Dieu comme d'une aube sainte, toujours serré par la ceinture sacrée qui fait les chastes et les forts, toujours portant la croix par derrière et par devant, la souffrance, l'expiation, l'œuvre de la rédemption, le zèle, la vie dans la mort ' ».
Le seeret de l'immense influence qu'il n'a cessé d'exercer sur tant de personnes de tout rang, de tout âge, de tout caractère, n'est pas ailleurs : s'il fut l'homme de tout le monde, c'est qu'il était avant tout l'homme de Dieu ; si sa direction fut efficace et féconde, c'est qu'elle était absolument surnaturelle ; s'il poussait vite et loin dans le chemin de la vertu solide et parfaite, c'est qu'il s'y engageait résolument le premier.
Ferme, énergique, décidé, parfois d'apparence un peu roide, il savait, médecin habile et compatissant, mettre le baume d'une bonne parole sur la blessure que par une parole un peu rude il avait dû faire. Et dans la sévérité comme dans la condescendance, on sentait si bien l'impression divine, qu'on adorait sans peine la main cachée dont il n'était que le docile instrument.
Un jour, une personne du monde, assise avec une | amie dans un parloir, et voyant passer devant elle ce religieux à la figure austère qu'elle connaissait peu, fut saisie d'un singulier sentiment de terreur et de résistance à la grâce. « Oh ! dit-elle à voix basse, il faudrait que je fusse au lit de la mort et qu'il n'y eût
l. Journal des Retraites, II, p. 152