CHAPITRE XV
Prenons i)Our exemple quelques-uns des conseils qu'il donnait aux mères chréliennesel aux personnes religieuses. Les mères de famille ont d'autant plus besoin d'être guidées, soutenues, consolées, qu'elles ont, elles aussi, en un sens bien vrai, charge d'àmes, et que la mission leur incombe de garder, souvent de ramener à Dieu ceux qu'elles aiment et pour qui elles vivent. Quelle sollicitude le Père Olivaint n'avait-il pas pour ces mères vraiment chrétiennes qu'il dirigeait en si grand nombre!
C'est à l'une d'elles qu'il écrivait la lettre fortiliante qu'on va lire :
« Je vois une raison sérieuse d'espérance dans vos <^ épreuves mêmes. Comme le bon Dieu sait admira- <' blement tirer le bien du mal! Cette indisposition " prolongée de votre mari entraîne nécessairement la ^ rupture de ce qui vous affligeait le plus ; elle le ^ met davantage sous la main du Maître ; elle le force « à réfléchir d'une manière sérieuse; elle prépare le a retour à Dieu et à vous. Oui, n'en doutez pas, il « comprendra bientôt que seule vous lui êtes vraice ment dévouée ; il reconnaîtra, il déplorera ses torts,
et vous serez doublement consolée par ce double re- « tour. Votre fils ne verra pas tout cela sans y trou- « ver un profit pour son âme, et ce sera peut-être u pour lui la préservation de tout ce que vous rece doutez déjà. Confiance donc et courage! secondez te par votre confiance et votre courage les desseins « de Dieu. Donnez-lui donc encore un peu de temps ! « sachez attendre, attendre en priant de tout votre « cœur. Quelle joie pour toute l'Éternité, mon enfant,
a d'avoir contribué, comme vous le faites, en soufcc frant depuis si longtemps, d'avoir contribué par « vos souffrances même au salut de ces âmes qui « vous sont si chères! Si l'on pouvait avoir un regret « au Ciel, votre regret à vous serait peut-être, pour « une si noble cause, de n'avoir pas plus souffert en- « core, de n'avoir pas mieux souffert, de n'avoir pas « plus tôt compris la valeur de vos souffrances, de « n'avoir pas su dès le commencement les surnatura- « User, les sanctifier en les unissant à celles deNolre- « Seigneur. Mais vous êtes éclairée maintenant. Al- « Ions, mon enfant, sachez enfin souffrir: courage et « confiance ! Jésus et son amour, la croix et le Ciel ! »
Une autre fois, c'est un fils qui, s'éloignant de Dieu, fait pleurer sa mère. Le P. Olivaint sait le prix de ces larmes maternelles; ne sont-elles pas la rançon payée par une autre Monique pour un nouvel Augustin?
« Je prends vivement part aux chagrins que vous « cause ce pauvre jeune homme; je prierai bien « pour lui, pour son père et pour vous.
« Ah ! que ces années de la jeunesse sont difficiles « pour les enfants de famille ! il y a tant de pièges a autour d'eux î Soyez bien bonne pour ce pauvre en- « faut, afin qu'il ne ferme pas son cœur ; mais sur- « tout soyez bien pieuse pour attirer les grâces abon- « dantes de Dieu.»
Pleurer, prier, ne suffit pas. Il est, pour une mère, d'autres devoirs envers un fils.
« Occupez-vous de votre fils vous-même. C'est la « lâche que Dieu vous donne. Je crois vraiment que