‹ Pierre OlivaintChapitre 227 sur 293 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

«Le monde! disait-il; on s'engage à son service, sans savoir ce qu'il réserve à ses dévots ; on se lie par des chaînes qu'il n'est plus permis de rompre, sans se donner seulement le temps de penser à sa vocation. Ah ! s'il y avait un noviciat pour le monde, combien, après deux années, s'empresseraient de le fuir ! C'est que le monde trompe, et que Jésus ne trompe pas ! Ou plutôt, Jésus trompe aussi : car il donne bien plus que l'âme n'avait espéré!...

« Mère chrétienne, qui versez des larmes parce que Dieu prend votre enfant, pourriez-vous rêver pour elle une alliance plus noble, plus élevée? Je ne dirai pas que Jésus est digne d'elle, je dirai que vous devez être étonnée, touchée, ravie qu'il ait trouvé digne de lui votre enfant. Lorsqu'un jour vous sentirez descendre sur votre maison des bénédictions nouvelles, songez qu'ici des cœurs d'enfants prient pour vous et vous attirent ces grâces. »

En parlant des bénédictions répandues sur tant d'âmes par le ministère du P. Olivaint, pourrionsnous ne pas dire ce qu'il fit pour sa mère dont il était devenu, par un touchant prodige de la grâce, le ïjère dans l'ordre de la foi ?

Longtemps Mme Olivaint, trompée par sa douleur avait refusé de comprendre que le sacrifice offert à Dieu par son enfant, devait tourner à son propre bien. Peu à peu cependant son âme apaisée s'ouvrit à des sentiments meilleurs, et vint un jour où son heureux fils put écrire à un ami : « Que je te dise la consolation que me donne ma mère. C'est étonnant !

quel point la bénédiction de ma vocation est devenue sensible en elle. »

Entraînée vers Dieu sur la trace de son fils, semblable aux veuves vraiment veuves dont parle saint Paul S elle menait, dans la retraite, une vie de prière.

Un pieux asile s'étaitouvert devant elle au couvent

t/esOiseawaî.Là,ellerecevaitiesfréquentesvisitesdeson cher fils. C'était le même échange d'affectueux témoignages qu'autrefois, entre le P. Olivaint et celle qu'il appelait toujours « sa petite maman ». Le grave religieux, pour elle, redevenait enfant. Il se mettait, en arrivant, à genoux devant elle, et présentait aux baisers maternels son front et plus souvent sa tonsure. De part et d'autre, dans cette action naïve, il y avait un acte de foi.

Un jour, au couvent des Oiseaux, eut lieu une cérémonie touchante. Le P. Olivaint reçut sa mère au nombre des enfants de Marie. Ne pouvait-il pas dire, lui aussi, en comparant le passé au présent : « Quel état et quel état! » On nous a conservé les paroles prononcées en cette circonstance, avec une émotion facile à comprendre : « L'amour de Jésus-Christ, dit-il, a la vertu de rajeunir les cœurs, de confondre les âges, en sorte que, parmi tant d'enfants de Marie ici rassemblées, le cœur le plus jeune aux yeux de Dieu est celui qui aime Dieu davantage ev le sert avec le plus de simplicité. »

Les dernières années de Mme Olivaint s'écouKM^ent

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