Lettre du 14 septembre à Mme la comtesse Laniewska
2. M. le comte de Kératry, préfet de police, averti du danger que courait le collège de Vaugirard, s'empressa de prendre des mesures pour le protéger. Le P. Olivaint l'en remercia aussitôt par une lettre que M. de Kératry a insérée dans son livre : Le 4 septembre et le gouvernement de la défense nationale, p. 227. — A ce sujet, le P. Olivaint écrivit au P. de Ponlevoy (14 septembre) : « J'ai remercié le préfet de police de ce qu'il a fait en nous protégeant... Ainsi M. de Kératry devient notre défenseur!... J'ai signé carrément supérieur des Pères jésuites. Ils savent assez déjà ce que nous sommes, et je crois préférable, quelles que soient les difficultés, de ne pas avoir peur de le dire nettement au nom de la liberté, y — Le P. de Ponlevoy répondit : « Vous avez bien fait de remercier : la politesse et la gratitude ne gâtent rien. Si l'on savait combien nous avons à cœur, avec la cause divine, la chose publique ! Tâchons, en faisant nos preuves, de le montrer à Dieu et aux hommes. Le dévouement et la charité sont d'ailleurs le plus sûr de tous les paratonnerres. "
3. Voici comment le P. Olivaint raconte l'événement auquel il fait
tout, nous ne demandons pas mieux que de souffrir pour ramener la bénédiction de Dieu sur notre pauvre pays. Non, nous ne savions pas nous-mêmes à quel point la France était malade ! Mais Dieu a fait guérissables les nations de la terre, pourvu cependant qu'elles veuillent guérir. Ah 1 si votre chère Pologne avait voulu ! Et notre France voudra-t-elle? Comprendra-t-elle que tout est perdu si elle ne revient à Dieu, si elle ne retourne à la foi catholique, si elle ne renonce à cette corruption de mœurs et de doctrines qui sont au fond la vraie cause de ses malheurs? Prions, prions, et en attendant des jours meilleurs, si jamais ils doivent luire, sachons nous dévouer pour les âmes et faire notre devoir. Il y a eu à Paris une grande débandade; à l'approche du siège, des multitudes ont pris la fuite; tous ceux que des rai-
ici allusion. « Hier, nous avons eu notre petite alerte. Une méchante fille de quinze ans, qui vient mendier ou voler dans notre église, a été mise à la porte par Xavier (un des sacristains). Alors elle s'est avisée de crier dans la rue qu'on l'avait battue, qu'on l'avait jetée dans une prison toute noire.... La foule s'assemblait et prenait fait et cause pour elle. Je suis arrivé, et j'ai cru que la soutane ne servirait qu'à exciter les colères. Je suis donc resté en observation, attendant le moment où l'église serait envahie. Heureusement Notre-Seigneur a détourné le coup. Notre serrurier qui passait, a empoigné la misérable et, à l'aide de deux mobiles, il l'a menée je ne sais où ; la foule alors s'est écoulée et nous n'avons plus rien eu à craindre. Dieu est fidèle I Croyez, mon révérend Père, que nous comptons bien sur lui, et que nous ne sommes' pas déconcertés le moins du monde. Si amhulavero in mcdio umhr.r mortis, non timebo mala, quoniam tu mecum es. ■» (Lettre au P. de Ponlevoy, 11 septembre 1870.) — Le P. Olivaint s"était demandé si le moment était venu.... Le danger passé, il prit néanmoins la précaution de se jeter sur son lit tout habillé, ne voulant pas être surpris. Le lendemain, faisant le récit de ce qui s'était passé, il répéta encore : Ce rCétait pas encore le moment.