CHAPITRE XVII
sons de force majeure ne retenaient pas ont déguerpi. Nous avons, nous, renvoyé nos jeunes gens et nos inlirmes, et nous restons au poste pour soutenir les courages et panser toutes les blessures, pour réconcilier les mourants avec le Seigneur et leur ouvrii le ciel. Nous avons une ambulance dans chacune de nos maisons. De plus, nous logeons des mobiles. Nous avons des aumôniers aux fortifications et aux avant-postes. Nous faisons pour la patrie tout ce qui dépend de nous. Quant au danger, grâce à Dieu, nous n'y pensons pas. Je bénis Notre-Seigneur des dispositions calmes et généreuses de tous ceux qui m'entourent. Le canon va gronder, les bombes et les obus vont pleuvoir.... A la bonne Providence! Ahl mieux vaut mourir que de voir plus longtemps le triomphe de l'erreur et de l'iniquité sur la terre, mais il faut bien mourir, et quelle plus heureuse mort que de succomber dans le dévouement au service du bien, de la vérité, de l'Église et de Dieu !...
« Après la tempête, nous aurons des jours meilleurs. C'est la justice de Dieu qui passe; bientôt nous sentirons les effets de sa miséricorde. Écrivez-moi bientôt et dites-moi que vous avez trouvé le secret de ne plus jamais pécher contre l'espérance, et que cette douce vertu soutient votre âme et votre corps même. »
Le P. Olivaint aurait ardemment désiré prendre pour lui, selon sa coutume, le ministère le plus pénible et suivre nos soldats sur le champ de bataille. « Nos Pères se dispersent dans toutes les directions pour relever les blessés avec un zèle bie^n édifiant,
mandait-il le 21 septembre au P. Provincial. On serait vexé de rester là, si le vrai poste de Dieu n'était pas celui de l'obéissance. » Il n'était pas oisif; son zèle était plus entreprenant que jamais. «La guerre prêche, « disait-il, et il constatait avec joie « un mouvement de retour à Dieu pour bien des âmes ^ » Ce qu'il passe sous silence, ce sont les épreuves physiques et morales de ces tristes jours, du moins en tant qu'il s'agit de ses souffrances personnelles. « C'est, dit-il 2, la monotonie de l'état de siège, du froid, des privations, de la fatigue; mais, en vérité, si nous nous comparons à cette multitude qui nous environne, nous avons bien peu à souffrir. Comme nous souffririons volontiers davantage, si le salut devait venir par là ! Ah ! si les âmes se tournaient davantage vers Dieu! «
« La bonne Providence nous protège d'une manière manifeste. Elle a pour nous, ici particulièrement, pour cette question matérielle devenue passablement difficile, toutes sortes d'attentions touchantes. L'autre jour, les larmes m'en venaient aux yeux de reconnaissance. Sachez bien que nous ne sommes pas du tout au découragement, pas même à Tinquiétude : ce serait vraiment faire injure à Notre-Seigneur '. » Le 11 janvier, au lendemain du combat de Buzenval, il exprima avec plus d'énergie encore ce même sentiment : « Nous serions bien ingrats, si nous n'étiona