CHAPITRE XIX
du soir, trois cercueils qui les renfermaient, transportés à la maison de la rue de Sèvres, étaient déposés auprès de la dépouille vénérée du P. Léon Ducoudray et du P. Alexis Clerc.
Le mercredi 31 mai, l'église du Jésus, fermée depuis près de deux mois, se rouvrait pour laisser passer les corps de ceux que la voix publique saluait déjà du nom de martyrs. Le cercueil du P. Olivaint fut placé sur un catafalque un peu en avant des quatre autres : la couronne d'immortelles qui surmontait chacun d'eux n'était pas, en pareille circonstance, un vain ornement, mais l'emblème d'une impérissable mémoire. Des prêtres et des religieux, des officiers et des députés venus de Versailles, remplissaient le chœur et la nef. Une indicible émotion faisait battre les cœurs au souvenir de ces cinq religieux qui avaient passé dans le monde en faisant le bien, et dont la mort avait encore été plus généreuse que la vie.
A partir de ce jour, se produisit « un courant de vénération publique, de reconnaissance et de confiance, large, profond et permanent ^» Il fut évident dès lors qu'on ne venait point là pleurer sur des victimes, mais se recommander à des martyrs.
Des caveaux du Mont-Parnasse où les cercueils demeurèrent quelques jours, il fallut, pour obéir à l'impulsion générale, les transférer de nouveau à l'église du Jésus. La chapelle dédiée aux saints martyrs japonais parut être la vraie place pour leurs